Liane Roy accueille positivement la nouvelle, mais affirme qu’il faut continuer.
La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab, en a fait l’annonce le 19 janvier à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Dans la continuité du gouvernement Trudeau, Ottawa visait initialement une cible de 8,5 % d’immigrants francophones hors Québec pour 2025.
«Ça nous encourage parce qu’on est dans la bonne direction. On n’est pas tout à fait encore où nous devions être, mais on progresse», affirme la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy, en entrevue avec Francopresse.
Les années de perte de vitesse «terminées» pour la francophonie?
«C’est bon d’avoir le 12 % pour 2029, il faut continuer à aller en progression et en augmentation», complète la responsable.
«On n’est pas tout à fait rendu à avoir fait le rattrapage nécessaire. Pendant les 20 dernières années, on avait du mal à aller chercher 2-3 % d’immigrants francophones. Au moins, ces années-là sont terminées. On est dans une progression et une trajectoire pour augmenter l’immigration francophone.»
Le gouvernement de Mark Carney s’est «engagé» à atteindre les taux d’admissions de résidents permanents de 9 % en 2026; de 9,5 % en 2027 et de 10,5 % en 2028.
En revanche, le ministère recense 1 000 immigrants de moins sur cette période, en chiffres absolus, car le gouvernement fédéral souhaite limiter les admissions de résidents permanents à moins de 1 % de la population totale canadienne.
À lire aussi : Mark Carney veut ralentir l’immigration temporaire pour «réduire la pression»
«Quand on a commencé à avoir cette discussion sur les cibles en 2022, l’étude sociodémographique qui a été faite pour établir les cibles a été faite à partir d’un chiffre d’immigration générale de 500 000. Maintenant, nous sommes rendus à 385 000 immigrants [au total, NDLR]. Donc, bien qu’on augmente les cibles en pourcentage, les nombres absolus d’immigrants et d’immigrantes diminuent», explique Liane Roy.
«Réparer la perte du poids démographique»
Lena Metlege Diab a aussi affirmé que son ministère ajouterait 5 000 places supplémentaires dans la catégorie des Candidats des provinces. Ce programme permet aux immigrants et aux immigrantes d’obtenir la résidence permanente en étant sélectionnés par les gouvernements des provinces et territoires.
«Derrière ces chiffres, la croissance de l’emploi et de l’économie reste des priorités clés», a affirmé la ministre en conférence de presse.
La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a affirmé que 5000 places sont ajoutées par le fédéral dans la catégorie des Candidats des provinces et territoires.
Interrogée par un journaliste sur la capacité d’accueil des personnes immigrantes de certains organismes, «débordés» depuis plusieurs années, la ministre Diab a rappelé qu’«il y a beaucoup à faire avec les provinces et les territoires parce que l’immigration est un rôle pour les deux».
L’ex-ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, présente lors de l’annonce, a de son côté soutenu : «On ne peut ignorer que l’immigration francophone est en déclin au cours des dernières années. La motivation pour cela est vraiment d’assurer que nous pouvons réparer la perte démographique que nous avons vécue.»
Elle répondait notamment à une question sur la motivation de renforcer l’immigration francophone en situation linguistique minoritaire, récemment critiquée par les immigrants non francophones.
Les conservateurs «à la même place» que le gouvernement sur l’immigration
Joël Godin, porte-parole conservateur pour les Langues officielles au Parlement, appuie Liane Roy, réaffirmant que c’est un «pas dans la bonne direction».
Sur la question de ralentir l’immigration, il assure que «le Parti conservateur est à la même place que le gouvernement. […] On en prendrait plus, mais il y a un gain : [les libéraux] ont enfin compris les représentations que nous avons faites.»
Concernant les 1 000 immigrants de moins en 2025 par rapport à 2024, Joël Godin préfère souligner que le pourcentage d’immigrants francophones est en hausse.
