le Mardi 7 Décembre 2021
le Vendredi 15 octobre 2021 11:27 Chroniques et éditoriaux

L’autoroute de la francophonie musicale canadienne : le talent de l’Ouest

«Par chance, les communautés francophones à l’extérieur du Québec réussissent à bâtir des ponts, développer un marché et encourager les artistes francophones à continuer», écrit notre chroniqueur musical, Marc Lalonde. — Tibor Janosi Mozes – Unsplash/Montage Francopresse
FRANCOPRESSE – Choisir de faire de la musique en français en milieu minoritaire relève du défi. Souvent, il faut défricher le terrain pour pouvoir simplement passer sur les ondes de la radio locale et présenter des spectacles devant de petites foules, tout en continuant de créer et de gérer la petite entreprise. Par chance, les communautés francophones à l’extérieur du Québec réussissent à bâtir des ponts, développer un marché et encourager les artistes francophones à continuer.

L’ex-membre du groupe Indigo Joseph, l’auteur-compositeur-interprète fransaskois Étienne Fletcher, nous avait charmés en 2019 avec son EP Face A. Voilà qu’il récidive avec Entre-deux, son premier album complet.

Dès les premiers accords de Cher ami, qui offre une fluidité mélodique et une richesse sonore plus qu’appréciables, la qualité des instrumentations ne laisse aucun doute quant à la maturité des compositions. Parfois rock, parfois pop et même folk, Étienne Fletcher nous entraine dans des univers variés qui démontrent l’ampleur de son talent.

Landon Johnson

Avec encore plus de consistance, des mélodies accrocheuses et une voix puissante, l’auteur-compositeur-interprète fransaskois nous livre un premier opus complet fort et digne d’intérêt.

Entre-Deux est un bel amalgame d’univers qui s’entrecroisent afin de créer un bouquet de sonorités captivantes. Avec une voix parfois pure, parfois avec un peu d’effet, Étienne Fletcher captive l’attention de l’auditeur par des textes qui traitent de tendresse, de solitude et d’espoir.

En tournée depuis la fin septembre en Saskatchewan, l’artiste fransaskois s’arrêtera d’ici la fin de l’année en Alberta, au Nouveau-Brunswick et en Ontario en passant par le Québec.

Chérie chérie – Étienne Fletcher.

La Chicane albertaine 2021 : place aux femmes

En Alberta, on retrouve le Centre de développement musical (CDM) qui fait de la bonne besogne.

Le centre, fondé en 1995, a obtenu en 2000 un mandat provincial et gère de multiples projets. L’album Hiver Nation, un projet de création pour célébrer la nostalgie de l’hiver en Alberta, en est un bon exemple.

Le CDM est aussi derrière le projet La Chicane albertaine, lancé comme un concours de groupes musicaux dans les écoles secondaires il y a une vingtaine d’années.

Des changements à la formule sont instaurés en 2021 : La Chicane albertaine devient une école de la chanson où, pendant 14 semaines, des jeunes du secondaire travailleront avec des mentors de la musique albertaine afin de composer des chansons pour leur premier disque. La Chicane albertaine célèbre d’ailleurs cette année ses 20 ans!

Pour cette édition, sept jeunes autrices-compositrices-interprètes sont choisies pour enregistrer chacune une chanson pour l’album. Les styles musicaux vont de la pop au folk, en passant par des airs plus latino.

Mais ça ne s’arrête pas là : les sept jeunes artistes ont rendez-vous au Festival international de la chanson de Granby (FICG) du 7 au 22 aout 2022. Pendant le festival, elles profiteront d’une autre formation d’écriture grâce au projet Jamais Trop Tôt (JTT) et auront peut-être la chance d’endisquer une de leurs chansons.

À lire aussi : Se faire une place au soleil grâce au Festival international de la chanson de Granby

L’avenue des souvenirs en Fransaskoisie

Sur l’Avenue des souvenirs, on retourne en Saskatchewan en revisitant l’univers de Michel Marchildon.

Originaire de la petite communauté de Zenon Park, située à mi-chemin entre Prince Albert et la frontière du Manitoba, l’auteur-compositeur-interprète a su explorer divers médiums pour mettre sa musique en valeur au fil des ans.

Archives L’Eau vive

En 1990, Michel Marchildon fait ses débuts comme poète en publiant le recueil Fransaskroix aux Éditions Louis Riel. Cette même année, il participe à des ateliers d’écriture de chansons avec l’auteur-compositeur-interprète Sylvain Lelièvre. En 1992, il est le grand lauréat du Gala fransaskois de la chanson.

En 1996, il enregistre l’album Changer de peau, dont il signe tous les textes. Cet opus, lancé en 1997, est aussi un cédérom, nouveau phénomène de communication à l’époque. Marchildon cherche à faire découvrir la culture fransaskoise.

Au cours de la décennie suivante, l’artiste trimbale sa guitare sur de nombreuses scènes du pays et en Europe. Sa musique attire aussi l’attention de Zachary Richard, dont il assurera la première partie des spectacles au début des années 2000.

S’ensuit son projet multimédia Fragments d’identité, qu’il a mijoté pendant dix ans. Le projet est finalement devenu un album de 16 pistes en 2007.

Le chanteur y présente des pièces qui racontent son amour pour la langue française, celle dans laquelle il a grandi en Saskatchewan.

La tournée qui a suivi la sortie de l’album a vite pris le sous-titre de «Parce que la Saskatchewan c’est plus qu’un hit à la radio», en réaction à la chanson à succès Saskatchewan de la formation rock québécoise Les Trois Accords.

Toujours passionné par l’univers des multimédias, Michel Marchildon a accroché sa guitare et travaille aujourd’hui dans le domaine de la communication numérique.

Extrait du spectacle Fragments d’identité.

Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.