le Vendredi 9 Décembre 2022
le Mardi 25 octobre 2022 12:30 Francophonie

En Alberta, l’ACFA veut rester un chef de file national

Plan d’action pour la francophonie albertaine 2023-2028.
Plan d’action pour la francophonie albertaine 2023-2028.
FRANCOPRESSE – À la suite de la démission de Sheila Risbud de la présidence de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), l’organisme a confié l’intérim à celui qui occupait le poste de vice-président, Pierre Asselin, jusqu’en 2023. Le nouveau responsable expose sa vision de l’avenir pour l’ACFA. L’éducation, mais aussi l’immigration et la santé, sont au cœur des préoccupations de l’organisme.
En Alberta, l’ACFA veut rester un chef de file national
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LACFA procède en ce moment à des changements dans sa gouvernance, pouvez-vous nous donner plus de détails? 

Pierre Asselin (PA) : On veut moderniser nos procédures et notre structure, parce qu’elles sont basées sur un modèle qui a presque cent ans. Il faut se souvenir que l’ACFA fête ses 96 ans d’existence cette année. On a donc diminué de près de moitié le nombre d’administrateurs au sein de notre conseil d’administration. En plus du président ou de la présidente, le nombre d’élus passe de douze à six. Par ailleurs, pour éviter qu’une zone de la province soit surreprésentée, pas plus de trois élus peuvent provenir de la même région.

Pierre Asselin succède à Sheila Risbud à la présidence de l’ACFA.

Photo : Courtoisie

On aimerait aussi créer un grand centre administratif avec les administrateurs. Ces modifications s’inscrivent véritablement dans une logique d’efficacité. C’est extrêmement important à l’heure où le secteur communautaire est fragilisé par des difficultés de recrutement. Les employés qualifiés sont durs à trouver et à garder.

Les changements dans notre gouvernance ne vont pas s’arrêter là. On a trouvé un consultant qui travaille sur de nouvelles propositions. Elles seront présentées lors de notre prochaine assemblée générale annuelle, en 2023. Mais on a de la chance, l’ACFA est en bonne santé, et l’accès à une fondation nous garantit une indépendance politique appréciable.

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Lors de l’assemblée générale annuelle de l’ACFA qui a eu lieu samedi 15 octobre 2022, de nombreux membres ont déposé une proposition afin que le conseil d’administration passe de six à huit administrateurs. La proposition a été adoptée.

L’ACFA commence à réfléchir à son prochain plan de développement global 2024-2029. Est-ce que vous pouvez déjà nous dire quelles en seront les priorités? 

PA : Ce plan d’affaires dessine là où on s’en va dans le futur, là où on devrait être rendu dans sept ans. Continuer à bien servir la communauté franco-albertaine et rester un chef de file au niveau national restent nos deux priorités absolues. C’est pour cela qu’on doit continuer à trouver des sources de financement pérenne.

Au niveau fédéral, on veut continuer à porter la voix de la francophonie albertaine. On souhaite que le prochain Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 freine le déclin du poids démographique de la francophonie et augmente le taux de bilinguisme, en misant sur l’éducation et l’immigration. La question du recensement est également cruciale afin d’avoir un portrait démographique fidèle de notre communauté et des services en français adaptés.

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À l’échelon provincial, le premier Plan d’action de la francophonie albertaine, que l’on a élaboré avec l’ensemble des organismes communautaires, va concentrer tous nos efforts. On veut vraiment inspirer les partis politiques, les ministères albertains, le Secrétariat francophone et le Conseil consultatif en matière de francophonie.

Au niveau communautaire, le continuum de l’éducation en français, de la maternelle au postsecondaire, reste au cœur de nos préoccupations. On va poursuivre nos démarches pour appuyer ces dossiers auprès des différents ministères. On va également travailler fort sur les questions d’immigration et de santé. On espère pouvoir mettre en œuvre un plan d’action pour les services sociaux et de santé mentale en français.

La Politique en matière de francophonie du gouvernement de l’Alberta est en cours de révision. Quels changements aimeriez-vous y voir figurer? 

PA : En l’état actuel, cette politique est beaucoup trop générale et inadaptée. Elle doit être davantage détaillée. Nous aimerions qu’il y ait une analyse bien plus approfondie de la manière dont les ministères peuvent répondre aux besoins des Franco-Albertains. Cette politique doit mieux outiller les ministères. Trop souvent, les propositions émanant de la province ne reflètent pas du tout nos besoins essentiels. Nous discutons actuellement de ces questions avec différents services. On a l’impression d’être écoutés par le gouvernement. On verra si nos attentes sont prises en compte.

Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de cohérence.