le Lundi 5 Décembre 2022
le Mardi 11 octobre 2022 14:41 | mis à jour le 11 octobre 2022 14:49 Libre opinion

Dix jeunes Franco-Ontariennes qui ont marqué la dernière décennie

  Photo : Courtoisie
Photo : Courtoisie
LIBRE OPINION —Jeunes rêveuses et revendicatrices, elles sont fières, féroces et francos, des rebelles qui ont marqué l’histoire de toute une génération de l’Ontario français.
Dix jeunes Franco-Ontariennes qui ont marqué la dernière décennie
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En partenariat avec le Réseau du Patrimoine franco-ontarien (RPFO) et le magazine Le Chaînon et en l’honneur de la Journée internationale de la fille, qui marque aujourd’hui, le 11 octobre, son dixième anniversaire, La Tourtière salue dix jeunes Franco-Ontariennes qui ont inspiré nos communautés depuis 2012.

Aujourd’hui, elles sont des adultes, certes, mais au cours de la dernière décennie, elles étaient adolescentes et jeunes femmes. Des leadeurs, artistes et politiciennes qui continuent de façonner nos collectivités – et dont le récit commence à peine à se dessiner – prenant parole sur les grandes questions qui ont marqué notre monde. Ici et avec leur pleine participation, nous partageons leurs propos inoubliables sur la francophonie, la langue, l’appartenance et la jeunesse.

Ces jeunes femmes – les filles d’hier – sont les héritières de filles et créatrices de changement comme Jeanne Lajoie et les sœurs Desloges qui allaient défier les règles linguistiques du Règlement 17.

Comme Catherine Flons, qui allait coudre le tout premier drapeau d’Haïti, ainsi que Cécile Fatiman, une prêtresse qui allait déclencher la révolution à Bois-Caïman.

Comme ces filles de Sturgeon Falls, Rachel Paiement, qui allait donner voix aux «cris rauques et rocheux» de la renaissance franco-ontarienne et denise truax, qui allait monter aux barricades lors de la crise scolaire à Sturgeon Falls Secondary School.

Et comme la grande fierté de leurs ancêtres, Michelle O’Bonsawin, une étudiante qui allait oser rêver — et ce, malgré ses détracteurs, et l’éducatrice Mélanie Biidabin-Kwe Smits, qui allaient réclamer langue et culture, léguant cette quête à la prochaine génération.

Comme nos aïeules, les jeunes Franco-Ontariennes qui figurent sur cette liste sont à l’image de notre riche diversité, un écho du timbre de nos mille accents, dessinant l’avenir de nos communautés aux quatre vents de l’Ontario français.

Merci et miigwetch à toutes les jeunes femmes de nous avoir permis de les citer et de les célébrer. Quel privilège de plonger dans votre univers. Et surtout à Marie-Pierre Héroux, qui a fait mon éducation sur les femmes et les filles de l’Ontario français — j’apprécie beaucoup.

Photo : Courtoisie

 

 

Lydia Philippe
Orléans

«Je voulais parler avec la force de la jeunesse, malgré les difficultés, montrer qu’il va toujours pleuvoir, mais que le soleil va ressortir», disait Lydia Philippe, présidente de la FESFO lors de la Résistance de 2018.

 

Photo : Courtoisie

Amanda Simard
Embrun

«Il fallait se tenir debout — pour la francophonie, pour les francophones en Ontario», disait l’ancienne députée de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard, qui allait quitter le Parti conservateur dans la pénombre du Jeudi Noir en 2018. «Il fallait vraiment prendre notre place. Nous sommes une communauté fière, forte, vivante et nous voulons continuer de parler en français et de vivre en français.»

 

Photo : Courtoisie

 

 

Mimi O’Bonsawin
Sudbury

«Alors que je trouve ma place dans ce monde, j’ai le devoir de représenter mes ancêtres et ma communauté», dit l’artiste abénaquise Mimi O’Bonsawin. «Je porte ce beau nom de famille et ce sang et je suis vraiment reconnaissante.»

 

Photo : Courtoisie

Marie-Pierre Héroux
Embrun

«J’ai les deux symboles du drapeau, le lys et le trille, de tatoués sur le bras. Peu de gens connaissent l’histoire derrière ce tattoo», dit l’étudiante et l’activiste Marie-Pierre Héroux. «Je l’ai eu en 2017 après avoir vécu une épreuve qui m’avait fait remettre en question mon identité. Mon tattoo est donc un rappel quotidien de qui je suis et d’où je viens et que je fais partie d’une communauté vibrante.»

Photo : Courtoisie

 

 

 

Nathalie Larocque
Sturgeon Falls

«On est constamment dans la découverte de notre culture», explique Nathalie Larocque de son identité métisse. «Il ne faut pas avoir peur d’aller à sa découverte, et ce, par tous les moyens».

 

 

 

Photo : Sébastien Pierroz - ONFR+

Soukaina Boutiyeb
Ottawa

«Je me considère Franco-Ontarienne», dit Soukaina Boutiyeb, ancienne directrice générale du Réseau du patrimoine franco-ontarien, ancienne présidente de l’ACFO-Ottawa et directrice générale de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne. «Quand je vois le drapeau vert et blanc, ça m’interpelle. C’est de faire vivre cette francophonie et de s’assurer que nos droits soient respectés et qu’ils ne deviennent pas des enjeux du jour au lendemain.»

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Kyla Heyming
Sudbury

«J’ai toujours été quelqu’un qui adore lire», dit la poète officielle de Sudbury Kyla Heyming. «Je passais mon temps à lire, mais aussi… à écrire. Souvent, en effet, j’imaginais des histoires pour lesquelles je ne trouvais pas l’équivalent. Alors j’appliquais la fameuse citation [de la romancière américaine Toni Morrison] : “S’il y a un livre que tu veux lire, mais qui n’a pas encore été écrit, alors tu dois l’écrire.»

 

Photo : Courtoisie

Francesca Mérentié
Toronto

«En Haïti, mon pays d’origine, je portais des histoires avec mon corps et ma voix», dit la journaliste Francesca Mérentié à Radio-Canada. «À présent, au Canada, ma terre d’accueil, je me dédie corps et âme à raconter les enjeux, les réalités, la fierté des communautés culturelles dans ma province d’adoption, l’Ontario.»

 

Photo : Courtoisie

Katiya Gareau-Jones
Sudbury

«Et que faudrait-il faire? Altérer notre identité, et omettre qui nous sommes. Découragés. Tout comme un arbre coupé, où il reste seulement qu’une souche déracinée», disait l’étudiante Katiya Gareau-Jones, qui revendique son héritage Cri, dans son poème L’aperçu d’une jeune fille autochtone. «Je voudrais sourire inclusivement, et c’est bel et bien le temps!»

Photo : Courtoisie

 

Karelle Sikapi
Ajax

«Ma vision pour la jeunesse est celle-ci : une jeunesse sensibilisée aux divers enjeux sociétaux du passé et du présent», dit Karelle Sikapi, présidente de la FESFO dans l’année qui a suivi la Résistance (2019). «J’imagine une jeunesse engagée dans les problèmes de la société, des jeunes ouverts à apprendre sur les diverses réalités qui les entourent. Une jeunesse qui n’a pas peur de questionner le système en place et de pousser ses limites pour se faire entendre.