le Vendredi 9 Décembre 2022
le Samedi 1 octobre 2022 7:15 | mis à jour le 1 octobre 2022 8:21 Société

Contact établi : «Entre l’art et l’engagement»

  Photos : Courtoisie
Photos : Courtoisie
FRANCOPRESSE – Un réel déclic s’est produit lors de la rencontre entre Joannie Fogue de l’Alberta et Ethel Côté de l’Ontario. Au-delà de l’intérêt pour donner une voix aux plus vulnérables et de l’engagement communautaires, les deux femmes partagent des valeurs communes profondes qui dictent leurs choix et leurs actions.
Contact établi : «Entre l’art et l’engagement»
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Les deux femmes se sont entendues d’entrée de jeu sur le terme plaidoyer qui exprime leur façon de s’engager dans leurs communautés.

«On n’est pas juste là pour cogner à une porte pis chialer, affirme Ethel Côté. Quand on a un plaidoyer, c’est parce qu’on est capable de faire le point, de se regarder dans le miroir, de nommer les vraies choses, mais aussi de proposer.»

Fascinée par le parcours de Joannie, arrivée du Cameroun à l’âge de 5 ans et maintenant présidente de l’Association des universitaires de la Faculté Saint-Jean (AUFSJ) à Edmonton, Ethel est curieuse de connaitre les motivations de la jeune Franco-Albertaine.

«À cause d’un certain privilège que j’ai eu en immigrant ici, je croyais que c’était un peu mon devoir d’être en mesure d’aider les autres», explique Joannie qui a «grandi dans une famille qui a toujours représenté les sans voix».

Écoutez l’épisode Entre l’art et l’engagement du balado Contact établi.

Dans ce troisième épisode, faites la connaissance de Joannie Fogue et Ethel Côté qui discutent de francophonie plurielle, d’engagement social et d’expression par l’art.

Dès sa première année d’études à la Faculté Saint-Jean, elle s’est notamment impliquée auprès de l’organisme Entraide universitaire mondiale Canada (EUMC) qui soutient l’éducation et l’autonomisation des jeunes dans une douzaine de pays où l’accès à l’éducation est précaire.

Ethel Côté

Photo : Capture d'écran

L’approche trouve écho chez Ethel Côté qui a fondé mécènESS, une firme qui appuie les entrepreneurs à créer des entreprises solidaires et sociales.

«Il a fallu que je sorte de ma petite francophonie canadienne pour voir que cette solidarité-là existait [chez nous].»

Depuis son arrivée en Ontario, à l’adolescence, elle s’est toujours impliquée dans son milieu franco-ontarien. Mais c’est en collaborant avec des femmes dans des pays d’Amérique du Sud et d’Afrique qu’elle a trouvé la façon de stimuler la solidarité sociale auprès des entrepreneurs.

Une francophonie plurielle

Joannie Fogue a toujours été en contact avec une francophonie diversifiée provenant du Canada et d’ailleurs. «Étant immigrante, femme africaine qui parle le français, je m’identifie plus à cette francophonie plurielle.»

Joannie Fogue

Photo : Courtoisie

«C’est une francophonie qui accepte tout le monde, peu importe le niveau de langue, peu importe l’accent, peu importe d’où tu viens, de quelles origines. Je crois qu’on doit être en mesure de créer une certaine harmonie entre tout le monde. J’ai eu plusieurs crises identitaires en ce qui concerne mon identité francophone», confie-t-elle.

La jeune femme affirme avoir trouvé sa francophonie il y a quelques années, à l’université, quand elle s’est retrouvée avec d’autres francophones racialisés en situation minoritaire.

Pour Ethel, la reconnaissance de la pluralité de la francophonie canadienne est nécessaire pour maintenir les acquis.

«Avant toi et avant moi, il y a plein de gens qui se sont battus pour bâtir des écoles, amener des gouvernements en cour pour avoir des collèges, pour avoir le Campus Saint-Jean, pour avoir maintenant l’Université de l’Ontario français. Il y a du monde qui a travaillé fort. Et présentement, pour différentes raisons : vieillissement de la population, diminution du nombre de bébés dans les familles, ces institutions qu’on a pris du temps à investir du temps et de l’argent et des ressources pour construire, vont se perdre. Et, il y a plein de monde dans le monde qui se cherche des espaces pour bien vivre.»

Réunir l’art et l’engagement

Joannie trouve un moyen d’expression efficace à travers l’art. Artiste multidisciplinaire, elle se sent à l’aise dans l’écriture, la danse, le théâtre et le dessin. C’est d’ailleurs à travers le théâtre qu’elle a commencé à se sentir impliquée dans sa francophonie.

Je crois que le théâtre est un médium qu’on doit utiliser pour faire de l’éducation, faire de la sensibilisation. J’aimerais travailler avec des artistes et des politiciens pour marier ces deux mondes-là, pour créer une société qui est unie et éduquée.

— Joannie Fogue

Elle rêve d’un projet d’anthologie pour «parler des voix oubliées de la francophonie plurielle de l’Ouest canadien».

Un projet qui résonne chez Ethel qui aussi s’exprime par le dessin et les arts visuels.

«Il y a des voix oubliées des personnes pauvres, des voix oubliées des personnes violentées, il y a de voix oubliées des personnes laissées pour compte», affirme Ethel qui y voit instantanément un projet commun à réaliser.

«J’aimerais tellement ça qu’on le réfléchisse ensemble. Qu’on le fasse en allant chercher de ces voix là et les mettre en lumière, parce que ça fait partie de la francophonie plurielle. En tout cas, si tu as envie de le rêver avec moi, j’aimerais ça.»

«Ah oui! Ça m’intéresse!» exprime Joannie qui vient de trouver une alliée.

Le balado Contact établi présente des rencontres improbables entre des francophones qui ne se sont jamais croisés, qui viennent de deux régions de la francophonie et qui sont issus de deux générations différentes.

Une initiative de Francopresse réalisée grâce à une bourse Enrichir nos communautés d’Unis TV.

Un nouvel épisode de Contact établi sera dévoilé sur Francopresse.ca chaque samedi matin, jusqu’au 15 octobre.