le Mardi 4 octobre 2022
le Jeudi 22 septembre 2022 16:30 Libre opinion

Investir dans le logement avec soutien : une solution logique, économique et humaine

  Photo : Andrea Piacquadio – Pexels
Photo : Andrea Piacquadio – Pexels
LIBRE OPINION – Beaucoup d’encre a coulé à la suite de la récente loi du gouvernement de l’Ontario portant sur ce que nous appelons communément le «Alternate level of care» (ALC) ou en français le niveau de soins différent (NSD). Le NSD s’applique à ceux qui n’ont plus besoin d’être à l’hôpital ni d’être institutionnalisés dans des centres de soins de longue durée qui manquent de ressources. Les services de soins de longue durée ne sont pas une solution à long terme et nous devons combler les écarts entre les hôpitaux et les soins de longue durée.
Investir dans le logement avec soutien : une solution logique, économique et humaine
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Le logement avec services de soutien constitue une option beaucoup moins couteuse que les options institutionnelles comme les soins de longue durée (SLD).

Le simple fait de ne plus être capable de monter les escaliers n’est pas une raison pour être admis dans un centre de soins de longue durée. Les résultats en mieux-être dans ces milieux ne sont souvent pas optimaux parce que les personnes qui s’y trouvent le sont pour de mauvaises raisons. Elles sont séparées de leur communauté et de leurs familles.

Nous devons investir davantage dans le logement avec soutien et dans nos communautés. Au Centre d’accueil héritage (CAH), à Toronto, plusieurs résidents qui se qualifient pour les SLD n’ont pas besoin d’y aller en raison des services de soutien, des activités et de notre capacité à accueillir les individus qui ne nécessitent plus du niveau de soins offerts par les hôpitaux, mais qui ont besoin d’être accompagnés dans la transition de retour en communauté.

Les services paramédicaux nous connaissent et travaillent avec nous pour éviter les visites à l’hôpital, sauf en cas d’urgence. Nous travaillons ensuite pour ramener les gens le plus rapidement possible à la maison avec une coordination de services qui sauront les garder en toute sécurité et les aideront à guérir ou à améliorer leur santé et leur bienêtre.

Plusieurs de nos clients vivent avec la démence et sont en mesure de rester chez eux en communauté, proches de leurs familles et aidants, grâce à nos services et programmes spécifiquement conçus pour soutenir ces clients et leurs aidants.

Le CAH, un exemple à reproduire

Le CAH n’existerait pas si ce n’avait pas été de la vision et du travail acharné des membres de la communauté il y a 40 ans.

CAH, c’est un legs de celles et de ceux qui ont géré un projet pour le bienêtre de la communauté. D’un rassemblement dans les locaux de la paroisse du Sacré-Cœur à Toronto à un édifice pouvant accueillir des centaines de francophones ayant besoin de soins et de logement et de pouvoir bien vieillir en français, le CAH est un succès! Il est le résultat du travail d’une communauté engagée et solidaire appuyé par le financement des différents paliers gouvernementaux.

Le partenariat avec les hôpitaux et les services paramédicaux, les services de soins à domicile et l’offre de logement abordable, ainsi que notre centre de vie active nous permettent d’être ce petit phare dans la brume pour celles et ceux qui cherchent à être chez soi dans un environnement qui évolue avec leurs besoins.

Nous aimerions voir des modèles comme le CAH partout dans les communautés où il y a des besoins.

Pour ce faire, nous avons besoin de bien plus que des ententes de services. Acheter un terrain et faire construire ou rénover un édifice pour créer une communauté abordable et accueillante nécessite un investissement de la part des gouvernements provincial et fédéral.

50 % moins cher

En santé en français, nous avons des défis au-delà de ceux auxquels fait face la population de la langue de la majorité. La pénurie de main-d’œuvre francophone ou bilingue dans les communautés et la coordination des services sont les principaux défis.

Attirer le personnel francophone et les services en français dans une communauté est difficile puisque la capacité de servir la minorité linguistique n’est pas valorisée par le système. Les gens malades ou en situation de stress vont dépendre des services les plus près d’eux, même s’ils ont de la difficulté à comprendre, surtout dans l’absence d’offre active des services en français dans la majorité des établissements de santé.

Il en coute deux fois moins cher de construire et gérer une communauté de logements abordables avec soutien que de construire des centres de soins de longue durée. Ces derniers sont des environnements cliniques plus dispendieux. Les centres de soins de longue durée ne devraient être offerts qu’à ceux qui en ont vraiment besoin et non par manque d’alternative et donc par défaut.

Nous pouvons faire mieux et les solutions existent.

Nous devons avoir ces conversations en communauté. Au CAH, chaque jour, nous pouvons témoigner de cette joie de vivre en communauté et des résultats positifs sur le bienêtre de nos résidents. Chez nous, la langue et la culture se fêtent, les doux moments dans la vie de nos résidents sont célébrés et le calme d’une résidence abordable et sécuritaire dans un environnement inclusif et centré sur les besoins et l’autonomie de nos clients contribue au mieux-être de tous.