le Mardi 4 octobre 2022
le Lundi 19 septembre 2022 12:49 Société

Manifestations pancanadiennes pour régulariser les sans-papiers

FRANCOPRESSE – Des milliers de personnes ont pris la rue dans 12 villes canadiennes, le 18 septembre, pour demander au gouvernement la régularisation des 500 000 sans-papiers travailleurs au Canada. Les manifestants qualifient les mesures mises en place par le gouvernement «d’échec retentissant».
Manifestations pancanadiennes pour régulariser les sans-papiers
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Les manifestations étaient organisées par la coalition pancanadienne Migrants Workers Alliance for change, des organisations telles qu’Oxfam Canada, Réseau Action Climat ou encore Médecins du monde. Les activistes demandent précisément de «garantir la résidence permanente aux 1,7 million de migrants à statut précaire, y compris la régularisation de tous les 500 000 sans-papiers».

Villes canadiennes où des manifestations ont eu lieu :

  • St. John’s (T.-N. L)
  • Charlottetown (Î.-P.-É.)
  • Fredericton (N.-B.)
  • Miramichi (N.-B.)
  • Montréal (Qc)
  • Clarcksburg (Ont.)
  • Guelph (Ont.)
  • Ottawa (Ont.)
  • Sudbury (Ont.)
  • Toronto (Ont.)
  • Edmonton (Alb.)
  • Vancouver (C.-B.)

Aimee Beboso

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

 

«Ce n’est pas la pluie qui va nous arrêter!» a lancé Aimee Beboso, présidente de Migrante Ottawa, un organisme de défense des droits des migrants philippins. Accompagnée de plusieurs personnes de différents pays, elle a défendu un besoin immédiat d’un programme de régularisation inclusif pour les sans-papiers.

«Des sources confidentielles auraient confirmé que le Canada travaille sur un programme de régularisation, mais aucun échéancier n’a été annoncé et aucune garantie n’a été offerte que ce programme sera inclusif», indique l’organisation Migrant rights network, dans un communiqué envoyé à la presse.

Gabriel Allahduah, originaire de Sainte-Lucie [état insulaire des Caraïbes, NDLR] et travailleur agricole, a raconté «l’histoire derrière ce fruit» s’est-il écrié, en agitant une pomme. «Cette histoire, ce sont des heures supplémentaires de travail non rémunérées. […]  Nous participons à la vie de ce pays, nous travaillons, pourtant, nous ne sommes pas libres, nous nous faisons exploiter avec des permis liés à nos employeurs, qui en profitent pour abuser de nous!» a-t-il défendu.

Photo: Inès Lombardo-Francopresse

«Nous contribuons à la société canadienne»

Originaires d’Afrique, d’Asie du Sud-Est ou d’Amérique du Sud, racisés le plus souvent, ces hommes et ces femmes ont dénoncé le fait de ne pas avoir accès aux droits universels fondamentaux, comme les soins de santé, une paie, des conditions de travail dignes, un logement sécuritaire ou la justice.

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

«Tout ceci, alors que nous contribuons de toutes les manières à la société canadienne», souligne Nina Gonzales, coordinatrice de la campagne pour la régularisation du Centre de travailleurs et travailleuses immigrants, membre active du comité Femmes du CTI et migrante sans papiers.

Ces personnes peuvent être déportées dans des pays où la guerre, le manque d’accès aux droits de la personne ou des situations économiques sont en cours.

«Les travailleurs agricoles vivent dans l’esclavage systémique, a-t-il témoigné. Il y a eu trois morts l’an dernier, car ils n’avaient pas de protection sociale ni de santé. Huit étudiants internationaux se sont suicidés à cause de bas salaires», a souligné Sayed Hussan, directeur de Migrants Forcer Alliance for change, en conférence de presse le 14 septembre.

Il a ajouté que les voies temporaires vers la résidence permanente mises en place par le gouvernement Trudeau étaient des «échecs retentissants».