le Vendredi 9 Décembre 2022
le Lundi 8 août 2022 13:00 | mis à jour le 2 septembre 2022 12:37 Société

Le parcours du combattant d’une femme sans médecin de famille

ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Une femme de Moncton, atteinte d’un handicap, tente d’obtenir des soins pour plusieurs problèmes de santé depuis des mois. Mais elle n’a pas de médecin de famille, et plusieurs autres méthodes pour obtenir des soins primaires lui sont hors de portée.
Le parcours du combattant d’une femme sans médecin de famille
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Céline Bonnet, 53 ans, est atteinte d’une maladie rare. Elle dit présenter des anomalies au plan musculaire et neurologique qui affectent plusieurs aspects de sa vie quotidienne.

«C’est plutôt dégénératif. C’est une maladie orpheline, donc, il n’y a pas de traitement pour le moment. Ça atteint le système nerveux, mais ça a aussi des répercussions sur ma santé mentale», explique Mme Bonnet.

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Craignant que son diagnostic ne raccourcisse son espérance de vie, elle s’est résolue à exaucer son rêve d’enfance : devenir pleinement bilingue et quitter la France pour revenir s’installer au Canada.

Elle s’est d’abord installée à Halifax, puis a déménagé à Moncton il y a un an. Mais son handicap l’empêche de travailler. Elle ressent une douleur chronique constante.

Elle a tenté par plusieurs moyens d’obtenir des soins pour ces problèmes médicaux depuis son arrivée, mais elle s’est heurtée aux divers problèmes du système de santé du Nouveau-Brunswick.

Mme Bonnet est également atteinte d’ostéoporose, elle s’est cassé des vertèbres l’an dernier. Elle a besoin de prises de sang régulières pour surveiller son état de santé, puisque son corps a de la difficulté à assimiler de la nourriture et qu’elle perd beaucoup de poids.

Elle figure sur la liste d’attente pour obtenir un fournisseur de soins primaires depuis juin 2021.

Selon les chiffres publiés par le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick en juin 2022, environ 63 000 personnes figurent maintenant sur cette liste.

Elle s’est donc tournée vers les services d’urgences. Après une attente d’environ sept heures, on a affirmé que son problème n’était pas suffisamment urgent pour qu’elle obtienne des sons sur-le-champ, et qu’elle devait recevoir ses suivis médicaux par d’autres moyens.

Mme Bonnet a également tenté d’avoir de l’aide en contactant une clinique sans rendez-vous, mais sans succès.

«Le petit souci que je rencontre, c’est qu’il faut maintenant prendre rendez-vous le jour même parce qu’on ne sait pas si un médecin est disponible. Il y a des temps d’attente énormes au téléphone. […] Il faut décrire la nature du problème au téléphone, et si c’est un problème qui nécessite un suivi, ils ne vous prennent pas.»

De plus, certaines cliniques demandent à leurs patients de se limiter à un seul problème de santé par rendez-vous.

Pénurie de médecins

Alexandre Boudreau-Acadie Nouvelle : Céline Bonnet ne sait plus où se tourner pour obtenir de l’aide pour ses divers problèmes de santé.

Photo : Alexandre Boudreau-Acadie Nouvelle

Sans se prononcer sur le cas particulier de Mme Bonnet, le Dr Mark MacMillan, président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, affirme que ce genre de problème est un symptôme de la pénurie de médecins.

«Avec autant de Néobrunswickois qui n’ont pas accès à un médecin de famille, il y a un volume plus élevé de visiteurs aux cliniques sans rendez-vous.»

Il explique que le Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick ne permet pas à ses membres de limiter «strictement» leurs patients à un seul problème de santé par visite, mais que les patients sont encouragés à demander un rendez-vous plus long pour accommoder plusieurs problèmes médicaux, ou à demander un deuxième rendez-vous pour obtenir des soins liés à des problèmes moins graves.

«Ceci aide à s’assurer qu’autant de patients puissent être traités en temps opportun.»

Télésoins

Céline Bonnet affirme qu’elle a également tenté d’obtenir de l’aide en appelant télésoins. «On peut avoir un rendez-vous médical par téléphone […] Mais la personne à qui j’ai parlé m’a dit : « Il faudrait que je vous voie, je ne peux rien faire ».»

On lui a finalement conseillé de se présenter à l’urgence, selon elle. Retour à la case départ, donc.

Le réseau de soins primaires promis par le gouvernement dans son plan de stabilisation des soins de santé pourrait éventuellement permettre d’aiguiller des patients vers des rendez-vous médicaux virtuels ou en personne. Quelques patients ont déjà commencé à recevoir des invitations au service Lien Santé NB, en commençant par ceux qui figurent sur la liste d’attente pour obtenir un fournisseur de soins primaires depuis longtemps.

L’Acadie Nouvelle a demandé des entrevues au sujet du réseau de soins primaires avec le ministre de la Santé, Bruce Fitch, ainsi qu’avec les responsables de la mise en œuvre du plan de réforme en santé, Gérald Richard et Suzanne Johnston, sans succès.

«Comme nous le savons tous, le système de soins de santé du Nouveau-Brunswick fait face à des défis de taille, et le ministre sait qu’il y a du pain sur la planche. Pour l’instant, il se concentre sur la collecte de l’information dont il aura besoin et sur l’établissement de relations avec les personnes qui peuvent l’aider à atteindre ces objectifs», a indiqué Adam Bowie, responsable des communications du ministère, jeudi.