le Vendredi 12 août 2022
le Dimanche 31 juillet 2022 7:30 Art de vivre

Au cœur d’une forge du 19e siècle

Le forgeron Spencer Farrell. — Photo : Étienne Ranger – Le Droit
Le forgeron Spencer Farrell.
Photo : Étienne Ranger – Le Droit
IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE DROIT (Ontario) – Depuis plus de 2000 ans, les forgerons s’affairent à chauffer le métal à des températures extrêmement élevées pour confectionner des objets du quotidien.

Les outils traditionnels utilisés dans ce métier ancien disparaissent de plus en plus avec les nouvelles technologies.

À Hawkesbury se cache une des rares, et peut-être même la seule, écoles de forge en Amérique du Nord qui utilise les techniques du 19e siècle.

Joshua Van Noy pratique le métier de forgeron depuis plus de 20 ans. Plusieurs années après avoir étudié en entrepreneuriat, il a décidé d’ouvrir sa propre école de forge nommée Vans School of Blacksmithing en 2015.

Le forgeron Josh Van Noy.

Photo : Étienne Ranger – Le Droit

Il possède un atelier à Hawkesbury et un à Ottawa.

Consultez le site du journal Le Droit

Fabriquer son propre couteau

L’homme au physique imposant souhaite faire découvrir ce métier mythique aux débutants, qui peuvent même repartir à la maison avec leur création.

«L’idée derrière la création de l’école est de permettre à des individus qui n’ont aucune expérience dans le domaine de pouvoir créer un objet comme un couteau, une hache, un bijou, etc. Nous voulons donner la chance aux gens d’avoir accès à des métiers plus anciens», dit Joshua Van Noy.

Il soutient que son école ne s’adresse pas seulement aux initiés de la forge.

Les gens aiment ça pour plusieurs raisons. Premièrement, c’est quelque chose d’ancien. On le voit dans les films et les jeux vidéos. Les jeunes me parlent souvent [du jeu vidéo] Minecraft. Ensuite, nous avons rendu ce métier accessible aux débutants. Tu n’as pas besoin d’avoir d’équipement ou de connaissances.

— Josh Van Noy, forgeron

Alors qu’il a lancé son entreprise à Hammond en étant le seul enseignant, M. Van Noy compte maintenant sur une équipe de dix employés, étant donné la popularité de ses cours.

«Les gens viennent pour avoir du bon temps et repartir avec quelque chose qu’ils peuvent utiliser. Le cours le plus populaire est celui des couteaux, parce que les gens veulent avoir un couteau de cuisine de haute qualité.»

Deux ères de fabrication

L’expérience n’est pas la même aux deux ateliers, même si le résultat peut être similaire.

À Hawkesbury, les outils utilisés plongent les apprentis dans les années 1850 à 1900, tandis que les méthodes modernes du 21e siècle sont explorées à Ottawa.

L’arbre de transmission (line shaft) est le système qui alimente les outils de l’atelier de Hawkesbury. Ce mécanisme de transmission de l’énergie était extrêmement utilisé lors de la révolution industrielle.

L’énergie part d’une d’une source de courant qui fait tourner une poulie à laquelle est attachée une ceinture. Cette dernière fait tourner une autre poulie et ainsi de suite afin de transmettre l’énergie à la machinerie.

Un des outils alimentés par ce système est un marteau-pilon vieux de 110 ans qui sert à compresser le métal.

Pour le chauffer, on emploie la méthode au charbon, utilisée depuis plus de deux millénaires. Du charbon doux est placé au-dessus d’un petit feu puis, à l’aide d’un ventilateur, la chaleur est dirigée vers le charbon pour qu’il brule jusqu’à une température de 3000 °F.

Ces outils antiques constituent une perle rare pour l’Est ontarien.

Pour chauffer le métal, on emploie la méthode au charbon, utilisée depuis plus de deux millénaires. Du charbon doux est placé au-dessus d’un petit feu puis, à l’aide d’un ventilateur, la chaleur est dirigée vers le charbon pour qu’il brule jusqu’à une température de 3000 °F.

Photo : Étienne Ranger – Le Droit

«J’ai un neveu qui est ingénieur et qui s’intéresse à l’histoire du métier. Il m’a dit que dans ses recherches, il a seulement découvert 90 line shafts en Amérique du Nord, et seulement 30 d’entre elles sont en fonction! Je crois que nous sommes les seuls qui permettent aux gens de les utiliser. […] Il y a beaucoup de petites forges dans la cour des gens, mais pas d’école. Je crois que je suis la seule personne au Canada qui possède deux écoles de forgerons», avance M. Van Noy.

Dans son atelier d’Ottawa, les forges et la presse sont alimentées au propane et par induction électromagnétique. Ce sont des méthodes modernes.

Couteau, hache, marteau, louche en cuivre, ceinture en cuir, bijou en aluminium et en bronze sont tous des objets que l’on peut fabriquer à la Vans School of Blacksmithing.

Même si tous les élèves commencent le cours avec la même quantité de métal, chacun peut confectionner le modèle de couteau ou l’objet décoratif qu’il désire.