le Mardi 4 octobre 2022
le Jeudi 7 juillet 2022 7:30 Économie et finances

La crise du logement montre les cicatrices de l’économie canadienne

  Photo : Michael Tuszynski – Pexels
Photo : Michael Tuszynski – Pexels
LE VOYAGEUR (Ontario) – Le marché immobilier canadien voit un ralentissement de la vente de maisons en raison de la hausse des taux d’intérêt. À Sudbury, la vente de maisons a ralenti de 11,4 % entre mai 2021 et mai 2022 selon le Sudbury Real Estate Board.
La crise du logement montre les cicatrices de l’économie canadienne
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Monique Theriault, agente immobilière dans le Grand Sudbury, note qu’«on est tranquillement en train de voir la transition. La compétition est moins féroce».

Le prix moyen des maisons vendues en mai a cependant augmenté à 499 544 $, soit un gain de 21,6 % par rapport à mai 2021.

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Comment s’en sortir?

Un élément de base de l’économie est le rôle de l’offre et de la demande. Faire trop pencher la balance d’un côté peut créer un grand déséquilibre.

Pour rétablir l’abordabilité, le Canada aura besoin de 5,8 millions de logements supplémentaires d’ici 2030 selon un nouveau rapport de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

«Si le taux actuel de construction se maintient, nous prévoyons que le nombre de logements augmentera de 2,3 millions entre 2021 et 2030, pour atteindre près de 19 millions d’unités d’ici 2030. Pour rétablir l’abordabilité, il faudra ajouter 3,5 millions de logements abordables d’ici 2030», précise le rapport.

Pour calculer l’abordabilité d’un logement, la SCHL se base sur le pourcentage de revenus qu’un ménage moyen doit y consacrer. L’objectif est que cela ne dépasse pas 40 %, ce qui n’a pas été atteint depuis 2003-2004. En 2021, ce rapport était plus près du 60 % en Ontario.

«Les deux tiers des 3,5 millions de logements manquants se trouvent en Ontario et en Colombie-Britannique. Ces deux provinces, dont les marchés du logement ne sont pas abordables, ont dû faire face à une forte baisse de l’abordabilité», note la SCHL.

À lire aussi : Une crise du logement qui n’est pas près de s’essouffler en Ontario

Les Canadiens plus endettés que jamais

Le sondage de la Banque Manuvie du Canada, qui en est maintenant à sa onzième année, a été mené auprès de 2 001 Canadiens âgés de 20 à 69 ans issus de toutes les provinces et dont le ménage présentait un revenu supérieur à 40 000 $.

Photo : Banque Manuvie du Canada

Selon un sondage sur l’endettement de la Banque Manuvie du Canada, l’augmentation des prix mettra à l’épreuve la stabilité financière d’un grand nombre de Canadiens.

L’enquête montre des signes de faiblesses potentielles de l’économie canadienne. Elle révèle que 18 % des propriétaires pensent qu’ils n’ont plus les moyens de rester sous leur toit actuel et que plus de 20 % des Canadiens s’attendent à ce que les hausses des taux d’intérêt aient avoir un impact négatif sur leur situation financière.

De plus, les deux tiers des Canadiens considèrent que l’accession à la propriété n’est pas abordable dans leur communauté.

Le niveau d’endettement des Canadiens, plus élevé que jamais, a légèrement baissé par rapport au sommet de 186,2 % en 2021. Au premier trimestre de 2022, il aurait diminué à 182,5 %, ce qui signifie que pour chaque dollar de revenu disponible, un ménage compte 1,83 $ de dette.

Pour rétablir l’abordabilité, le Canada aura besoin de 5,8 millions de logements supplémentaires d’ici 2030.

Photo : Mike Gonzalez – Unsplash

Comme le marché immobilier a été très concurrentiel depuis le début de la pandémie, de nombreuses personnes étaient prêtes à dépenser plus qu’elles ne le pensaient au départ. D’après le sondage Manuvie, 25 % des propriétaires estiment avoir trop payé pour leur maison.

«L’intérêt était tellement bas que les gens ont été approuvés pour de plus grosses hypothèques», souligne Monique Theriault. Les acquéreurs de ces prêts hypothécaires sont aujourd’hui confrontés à des paiements d’intérêts beaucoup plus élevés que prévu, ce qui pourrait en forcer plusieurs à mettre leur maison en vente si elle est rendue inabordable.

Par exemple, certains Canadiens qui ont contracté des prêts hypothécaires en 2020-2021 pourraient voir leurs paiements mensuels augmenter de 45 % d’ici 2025-2026, selon un scénario de la Banque du Canada publié le 9 juin.

La Banque du Canada a augmenté son taux directeur à trois reprises depuis mars, passant de 0,25 % à 1,50 %. D’autres hausses sont attendues dans les prochains mois.