le Vendredi 12 août 2022
le Mercredi 29 juin 2022 13:00 Arts et culture

Un photographe souhaite identifier des personnes de l’Arctique

Des habitants de l’Arctique canadien. — Photo : Jake Ootes Collection
Des habitants de l’Arctique canadien.
Photo : Jake Ootes Collection
IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE NUNAVOIX (Nunavut) – Au cours des années 1960 et 1970, Jake Ootes a immortalisé des centaines de portraits dans l’Arctique canadien. Avec son projet Inuit Heritage Photos, le photographe sollicite aujourd’hui l’aide de la population afin d’identifier les individus se retrouvant sur plus de 300 photographies disponibles sur Internet.

L’auteur et photographe Jake Ootes.

Photo : Page Facebook Jake Ootes, Author

À l’époque, Jake Ootes travaillait pour le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest comme adjoint exécutif et directeur de l’information pour le commissaire Stuart Hodgson.

Ayant été journaliste et photographe dans sa carrière précédente, il a pris de nombreuses photos alors qu’il accompagnait le commissaire dans le cadre de ses tournées annuelles dans l’Arctique. Ces portraits, dont plusieurs ont été pris sur le territoire du Nunavut, présentent des personnes au travail, en train de jouer ou dans leurs activités de la vie quotidienne.

Dans un objectif de préservation du patrimoine inuit, Jake Ootes a lancé le 31 mars dernier le projet Inuit Heritage Photos. Il se donne ainsi comme mission d’identifier les personnes présentes sur 327 photographies pouvant être consultées en ligne.

Consultez le site du journal Le Nunavoix

Un projet rendu possible grâce à la technologie

L’été dernier, Jake Ootes a montré certaines de ses photos prises dans l’Arctique canadien au sénateur du Nunavut, Dennis Patterson. Ce dernier a encouragé le photographe à en publier le plus possible sur les réseaux sociaux.

Des enfants jouant avec une brouette.

Photo : Jake Ootes Collection

Alors qu’il a consacré de nombreuses heures à trier et à numériser les moments qu’il avait capturés, Jake Ootes affirme s’être remémoré d’agréables souvenirs. «J’espère que ce projet contribuera à la préservation du patrimoine du Nunavut et à la conservation des données humaines et historiques des résidents de l’Arctique», déclare-t-il par voie de communiqué de presse.

Il spécifie que la venue d’Internet lui permet de réaliser son projet, alors qu’il a toujours entretenu le désir de mettre ses photos à la disposition des gens des communautés où elles ont été prises.

L’homme, aujourd’hui âgé de 79 ans, voue un intérêt marqué pour l’Arctique, y ayant passé une quinzaine d’années à documenter une période de changements importants dans le Nord. Il a d’ailleurs publié en 2020 le livre Umingmak : Stuart Hodgson and the Birth of the Modern Arctic.

Afin de l’aider dans la réalisation de son projet, Jake Ootes s’est associé à l’interprète et traductrice d’Iqaluit Betty Brewster. Cette dernière apporte sa contribution en aidant avec les informations entrantes, l’identification des ainés et des personnes encore vivantes, et en s’assurant que les informations sont respectueuses et exactes avant leur diffusion.

Le ministère de la Culture et du Patrimoine du Nunavut a aussi soutenu cette initiative par l’entremise d’un programme de subventions et de contributions ainsi que par des conseils du Programme d’archives. L’argent octroyé a permis de payer une partie des couts de numérisation, de publication sur les réseaux sociaux ainsi que la traduction du site Web en inuktitut.

«Nous avons contribué au financement du projet Inuit Heritage Photos en raison de son importance pour l’histoire du territoire», affirme Elizabeth Alakkariallak-Roberts, agente des communications au ministère de la Culture et du Patrimoine du Nunavut.

Une forte réponse

Un enfant de l’Arctique canadien.

Photo : Jake Ootes Collection

Alors que ce projet a été lancé il y a à peine deux mois, plusieurs personnes ont pu être identifiées via le formulaire de réponse disponible sur le site. Afin de faciliter le processus, toutes les photos sont numérotées et la population est invitée à fournir des informations telles que les noms, dates et lieux de naissance et/ou de décès, ainsi que les communautés concernées.

«Le projet est très réussi et gratifiant pour moi personnellement», s’enthousiasme Jake Ootes. À ce jour, de l’information a été transmise concernant près d’une centaine de photos.

Elizabeth Alakkariallak-Roberts considère qu’il est précieux de conserver ces souvenirs historiques pour une utilisation future : «Il est important de rendre ces types de photographies publiques. Souvent, les gens voient un parent pour la première fois ou des membres de leur famille qu’ils n’ont jamais rencontrés. C’est très significatif pour les Nunavummiut.»

Ningiukulu Teevee a participé au projet alors qu’elle a reconnu son père, Joanasie Salomonie, vêtu avec de la peau de phoque, sur l’une des photos. Elle raconte que cette photographie a été prise à Iqaluit lorsque son père jouait un rôle dans le film The White Dawn (1974). Elle désire exprimer sa gratitude envers Jake Ootes qui a su capturer ce moment.