le Mardi 5 juillet 2022
le Vendredi 3 juin 2022 11:00 Politique

Un gouvernement encore plus majoritaire pour Doug Ford

Le Parti progressiste-conservateur de Doug Ford a obtenu 83 sièges. — Photo : Capture d’écran CPAC
Le Parti progressiste-conservateur de Doug Ford a obtenu 83 sièges.
Photo : Capture d’écran CPAC
IJL LE DROIT (Ontario) – Doug Ford a reçu un mandat majoritaire encore plus grand que le précédent, jeudi soir, de la part des électeurs ontariens en plus de faire tomber, au passage, deux dominos : ses principaux adversaires, la néodémocrate Andrea Horwath et le libéral Steven Del Duca.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau — tout comme le premier ministre Legault — a tenu à féliciter son homologue ontarien, jeudi soir, au terme de sa victoire sans équivoque.

«J’ai hâte de poursuivre ma collaboration avec le premier ministre Ford et son gouvernement afin de protéger les gens contre la COVID-19, construire les logements dont les communautés ont besoin et réaliser notre promesse fédérale de fournir aux familles des services de garde à 10 $ par jour, tout en faisant croitre la classe moyenne et l’économie», a déclaré M. Trudeau.

Après avoir obtenu une majorité en 2018, Doug Ford — qui a été réélu facilement dans son fief d’Etobicoke Nord — a poussé la vague bleue encore plus loin alors que 83 candidats du Parti progressiste-conservateur (PPC) ont été élus.

Tous ses ministres ont été réélus, dont Caroline Mulroney, la ministre des Affaires francophones, dans York-Simcoe.

Une vingtaine de minutes après la fermeture des bureaux de vote, la victoire majoritaire des conservateurs de Doug Ford était déjà assurée.

En 2018, le PPC avait remporté 76 des 124 sièges à Queen’s Park, et à la dissolution de la Chambre, il en comptait 67.

Les progressistes-conservateurs auront aussi remporté la plupart des circonscriptions du «905», soit la périphérie du Grand Toronto.

Ils ont notamment réussi à dérober les sièges des chefs adjoints du NPD, Sara Singh et Gurratan Singh, le frère du chef néodémocrate fédéral Jagmeet Singh.

Le PPC a aussi fait un gain dans le Nord de l’Ontario, dans la circonscription de Timmins, où siégeait le néodémocrate Gilles Bisson.

«Get it done» : ce slogan, martelé tout au long de la campagne électorale ontarienne par les progressistes-conservateurs, aura pris tout son sens lors de la soirée électorale du 2 juin.

Le PPC a fait campagne en promettant la construction de routes, d’autoroutes et d’infrastructures.

«Nous avons changé ce que signifie être un progressiste-conservateur», a déclaré Doug Ford durant son discours, prononcé au quartier général du PPC, dans Etobicoke-Nord.

Il faudra donc surveiller dans les prochaines semaines l’adoption du budget conservateur déposé avant le déclenchement de la campagne électorale de même que le combat du premier ministre, en Cour suprême, pour garder secrètes les lettres de mandats de ses ministres.

NPD : Andrea Horwath démissionne

Le Nouveau Parti démocratique et sa cheffe sortante, Andrea Horwath, ont obtenu 31 sièges.

Photo : Capture d’écran CPAC

Andrea Horwath, qui tentait de devenir première ministre après 13 ans d’engagement politique, a annoncé qu’elle démissionne de son poste de cheffe du NPD lors d’un discours très émotif où les rires et les larmes se sont entremêlés.

Mme Horwath a été réélue dans Hamilton-Centre et n’avait toujours pas précisé clairement si elle conserverait son siège.

Dans le Nord de l’Ontario, les ténors francophones du NPD France Gélinas et Guy Bourgouin sont réélus. Cependant, Gilles Bisson est défait par un conservateur à Timmins.

Par ailleurs, le NPD ontarien conservera son statut d’opposition officielle à Queen’s Park, devant les libéraux, alors que 31 candidats néodémocrates célébraient leur élection, soit sept de moins qu’en 2018.

Libéraux : toujours pas un parti officiel

Le Parti libéral et son chef sortant, Steven Del Duca, ont obtenu 8 sièges. Lui-même n’a pas réussi à se faire élire.

Photo : Capture d’écran CPAC

Le chef du Parti libéral ontarien Steven Del Duca a démissionné, lui aussi, de son poste à la tête du parti. Ce dernier a perdu son pari dans sa propre circonscription de Woodbridge-Vaugham, tout comme un grand nombre de ses candidats.

Le Parti libéral n’a pu faire mieux que de faire élire huit candidats, soit un de plus que lors de la dissolution de l’Assemblée législative.

Ils perdent l’ex-conservatrice transfuge Amanda Simard dans Glengarry-Prescott-Russell, battue par le conservateur Stéphane Sarrazin.

Statusquo pour les verts et élection d’une candidate indépendante

Statusquo pour le Parti vert dont le chef, Mike Schreiner, conserve son siège.

Photo : Capture d’écran CPAC

Pour sa part, le chef du Parti vert, Mike Schreiner, a facilement été réélu dans son comté de Guelph. Son candidat de Parry-Sound-Muskoka, Matt Richter, sur qui on mettait beaucoup d’espoir, n’a pas réussi à remporter sa course contre le conservateur Graydon Smith. Au cours des derniers jours, les sondages montraient que le Parti vert avait de fortes chances de faire un gain dans cette circonscription.

Fait intéressant, une candidate indépendante, Bobbi Ann Brady, a réussi à se faire élire dans la circonscription de Haldimand-Norfolk.

Le nouveau parti New Blue, dirigé par le tandem mari et femme Jim et Belinda Karahalios, récolte pour sa part près de 3 % des suffrages.

Belinda Karahalios avait été élue sous la bannière conservatrice à Cambridge en 2018, mais elle a été expulsée du caucus en 2020 pour avoir voté contre les mesures d’urgence sanitaires. Cette fois, elle glisse en 4e place à Cambridge, remporté à nouveau par le parti de Doug Ford.

Francophonie ontarienne

Le président de l’AFO, Carol Jolin.

Photo : Courtoisie AFO

Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), a félicité le premier ministre Doug Ford pour sa réélection.

«Nous comptons poursuivre le travail déjà entrepris», dit-il, «notamment concernant la pénurie de main-d’œuvre francophone et bilingue, le postsecondaire en français – particulièrement le dossier de l’Université de Sudbury».

Carol Jolin mentionne aussi «l’accès à des soins de santé et des soins de longue durée en français, l’appui aux organismes sans but lucratif et l’agrandissement de l’espace francophone dans la province».

«Nous avons hâte que les choses reprennent leur cours normal afin que nous puissions continuer à faire avancer nos dossiers en matière d’entrepreneuriat, d’employabilité et de renforcement économique des collectivités», a commenté le président de la Société économique de l’Ontario (SÉO), Denis Laframboise.

La SÉO veut notamment faire avancer les dossiers de l’immigration francophone et de l’expansion de son incubateur d’entreprises.

Au cours de la campagne, l’AFO a dénombré 71 engagements sur la francophonie de la part des quatre partis politiques.

«Des Franco-Ontarien.ne.s et plusieurs francophiles prendront place à l’Assemblée législative de l’Ontario, se réjouit Carol Jolin. J’invite les quatre partis à travailler ensemble à l’épanouissement de la francophonie ontarienne.»

Faible participation électorale

Les experts prédisaient une baisse de la participation électorale, cette année. Aux dernières élections de 2018, 58 % de la population avait exercé leur droit de vote.

Jeudi, 42,96 % des 10 760 433 des électeurs inscrits avaient marqué leur bulletin de vote.

Depuis près de 30 ans, le taux de participation aux élections provinciales en Ontario n’a pas dépassé les 60 %.

Campagne calme

Cette élection met fin à une campagne qui s’est déroulée sans tambour ni trompette et qui a duré 28 jours.

Plusieurs ont déploré le manque d’enthousiasme émanant des chefs, qui n’a pas donné une envie pressante aux électeurs de se rendre aux urnes et de demander que souffle un nouveau vent à l’Assemblée législative de l’Ontario.

Avec des informations de François Bergeron de L’Express.