le Mardi 5 juillet 2022
le Dimanche 29 mai 2022 7:30 | mis à jour le 30 mai 2022 9:19 Francophonie

La francophonie veut aider les peuples autochtones à faire reconnaitre leurs langues

  Photo : Marie-Michèle Bouchard - Unsplash
Photo : Marie-Michèle Bouchard - Unsplash
IJL — RÉSEAU.PRESSE – LE NUNAVOIX (Nunavut) – La FCFA du Canada a organisé un panel de discussion sur le statut, la protection et la revitalisation des langues autochtones. L’organisme national souhaite ainsi appuyer et accompagner les peuples autochtones dans leurs efforts de reconnaissance de leur langue.

Le panel de discussion, qui s’est tenu le 27 avril, s’inscrit dans l’engagement de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) en faveur de l’établissement d’un dialogue et de la réconciliation avec les peuples autochtones.

Il faisait également suite au débat amorcé lors de la dernière campagne électorale entourant la question d’un statut officiel pour les langues autochtones.

Divers intervenants ont ainsi pu échanger sur les liens de solidarité qu’il est possible de créer entre la francophonie et les peuples autochtones quant aux enjeux relatifs à la langue.

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L’importance d’établir un dialogue avec les peuples autochtones

Pour Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, il «était important d’avoir une conversation avec les peuples autochtones sur leurs aspirations par rapport à [ces enjeux]».

Photo : Courtoisie

En plus d’être ouvert aux membres de la FCFA et du Forum des leaders, l’évènement virtuel s’adressait aussi aux Réseaux en immigration francophone (RIF) et aux Communautés francophones accueillantes (CFA).

Liane Roy, présidente de la FCFA, avoue d’emblée qu’elle est fière que son organisme ait réussi à organiser ce panel avec différentes associations représentant les peuples autochtones.

«La FCFA s’est engagée envers la réconciliation avec les peuples autochtones, et nous sommes d’avis que la réconciliation passe par un dialogue continu dans lequel on trouve que les francophones doivent venir à la table pour écouter et apprendre. Aussi, on voulait continuer le dialogue entrepris avec les peuples autochtones en 2018», déclare Liane Roy.

Elle précise qu’un premier panel avait été organisé à ce moment sur la question de la protection des langues autochtones. Cet évènement avait ensuite mené la FCFA à publier une série de lettres ouvertes en appui à ce qui était à l’époque un projet de loi, mais qui est devenu la Loi sur les langues autochtones.

Selon Liane Roy, il était opportun d’organiser un nouveau panel pour faire le point sur la mise en œuvre de cette loi adoptée en 2019. Ce panel fait aussi suite au fait que, lors de la dernière campagne électorale, il a été question d’un statut officiel pour les langues autochtones et de la reconnaissance.

«C’était important d’avoir une conversation avec les peuples autochtones sur leurs aspirations par rapport à [ces enjeux]», affirme la présidente.

Elle estime que, trop souvent, le discours public met le français et les langues autochtones en opposition. «Pour nous, il faut trouver des manières de créer des solidarités, puis de la complémentarité parce qu’il y a de la place pour tout le monde ; c’est ce que [la FCFA] essaie de dire», soutient Liane Roy.

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Apporter des pistes de solution

Aluki Kotierk, présidente de Nunavut Tunngavik et membre du Groupe de travail des Nations Unies pour la Décennie sur les langues autochtones.

Photo : Page Facebook NTI President Aluki Kotierk

Trois panélistes ont pris part à la discussion virtuelle, soit Alexandre Bacon d’Ashukan Stratégies du Québec ; Paulette Duguay représentant l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba ainsi qu’Aluki Kotierk, présidente de Nunavut Tunngavik et membre du Groupe de travail des Nations Unies pour la Décennie sur les langues autochtones.

Les échanges ont fait ressortir que la revitalisation des langues autochtones nécessitera des ressources ainsi que des efforts de sensibilisation auprès de la population.

«Il a été discuté de la nécessité d’un engagement continu des gouvernements et des populations avec les peuples autochtones», confie Liane Roy.

Elle ajoute qu’il «y avait vraiment une belle ouverture et une ouverture très appréciée par les Premières Nations à poursuivre des rencontres pour échanger sur les différents modèles qui fonctionnent, les façons de faire, les ressources».

La présidente évoque également la possibilité d’organiser une prochaine conférence en personne entre les organisations autochtones et les organisations francophones en milieu minoritaire.

Dans le cas précis du Nunavut, il est ressorti une volonté de faire reconnaitre l’inuktitut comme langue fondatrice canadienne et comme langue officielle dans l’Arctique.

«Pour nous, c’est une volonté qu’on peut certainement comprendre, précise Liane Roy. Donc, on veut vraiment poursuivre la conversation avec le peuple inuit à cet égard. D’ailleurs, ce panel, c’était un premier contact de la FCFA comme organisme avec une organisation des Inuits.»

Aluki Kotierk, l’une des panélistes, a demandé de faire son intervention en inuktitut. Lors de son allocution, elle a noté l’écart entre le financement pour l’éducation en français et celui pour l’éducation inuite.

«Il existe une occasion pour nous d’utiliser notre voix pour réclamer publiquement que les Inuits disposent de moyens comparables en matière d’éducation. Pour nous, c’est vraiment une question de justice», conclut Liane Roy.