le Mardi 5 juillet 2022
le Mercredi 25 mai 2022 13:00 Sciences et environnement

Simon D’Amours tourne sa caméra vers les changements climatiques

Dans le premier épisode de la série Comment ça va le Nord?, Simon D’Amours s’intéresse à l’assèchement de la rivière Ä’äy Chù du parc national et réserve de parc national de Kluane, situé au sud-ouest du Yukon, et à son incidence sur la vallée.  — Photo : Courtoisie Simon D’Amours
Dans le premier épisode de la série Comment ça va le Nord?, Simon D’Amours s’intéresse à l’assèchement de la rivière Ä’äy Chù du parc national et réserve de parc national de Kluane, situé au sud-ouest du Yukon, et à son incidence sur la vallée.
Photo : Courtoisie Simon D’Amours
IJL — RÉSEAU.PRESSE – L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Dans sa nouvelle série documentaire «Comment ça va le Nord?», Simon D’Amours se penche sur les effets du réchauffement climatique dans le Nord du Canada. Son équipe et lui vont à la rencontre de scientifiques et de personnes qui vivent de plein fouet ces changements climatiques.

Dès le début du premier épisode, Simon D’Amours donne le ton : «Savez-vous que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde? Que l’Arctique, trois fois plus vite?»

Dans cette introduction, le producteur jette les bases de sa nouvelle série documentaire consacrée aux conséquences du réchauffement climatique, diffusée sur ICI Explora.

Si le premier épisode se veut technique — il aborde notamment les tempêtes de poussière et leurs effets sur la faune, la flore et les humains —, la narration vulgarise le contenu pour permettre à tous de cerner les enjeux en question.

La série aborde des thèmes variés, comme la fonte du pergélisol, les feux de forêt et l’évolution de la végétation en Arctique (verdissement, arbustification).

Consultez le site du journal L’Aurore boréale

L’envie de comprendre

Depuis sa première série, Au cœur du Yukon, Simon D’Amours s’est spécialisé dans la production de documentaires dans le Grand Nord du Canada.

Installé au Yukon depuis 2010, il avait envie de comprendre le réchauffement climatique : «Je vois des différences depuis que je suis arrivé au Yukon. Ça m’intriguait de savoir ce qui se passait, où est-ce qu’on s’en allait avec ça et s’il y a des affaires qui sont faites en conséquence.»

Accompagné de Joanie D. Gareau, réalisatrice, et d’Olivier Cheneval, directeur photo, Simon D’Amours est parti une nouvelle fois sur les routes du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest afin de comprendre le phénomène et les solutions avancées pour les contrer.

Il interroge autant des scientifiques que des personnes qui subissent les conséquences de l’accélération du réchauffement climatique.

«J’ai discuté avec le trappeur Roch Boivin. Il a remarqué bien des affaires, et cela a autant de valeurs qu’un scientifique qui débarque avec ses instruments. Ça fait 40 ans qu’il vit dans le bois. Quand il te dit qu’il n’y a plus d’insectes et qu’il n’entend plus les oiseaux chanter, ça a de la valeur», confie le producteur.

L’exemple du glacier Kaskawulsh

Katarina Welsch, coordonnatrice de l’interprétation pour Parcs Canada, et le documentariste Simon D’Amours.

Photo : Ici Explora – Capture d’écran

Le premier épisode de la série Comment ça va le Nord? aborde l’un des phénomènes les plus connus du réchauffement climatique, parce qu’il est facilement observable : la fonte des glaciers.

L’épisode présente Katarina Welsch, coordonnatrice de l’interprétation pour Parcs Canada, qui commente le cas du glacier Kaskawulsh, au sud-ouest du Yukon : «Au cours des cinquante dernières années, le glacier a perdu un kilomètre, explique-t-elle. En 2016, cela a conduit au détournement d’une rivière […] c’était la première fois que cela se produisait sur la planète.»

Les personnes interrogées parlent aussi des conséquences concrètes de ce phénomène : la rivière Ä’äy Chù s’est asséchée, abaissant le niveau du lac Kluane de deux mètres, ce qui a des répercussions majeures pour les communautés autochtones. Par exemple, les pontons d’accès aux voies navigables ne sont plus utilisés, car ils sont dorénavant trop hauts.

De plus, depuis 2016, la vallée Ä’äy Chù connait des tempêtes de poussière plus intenses et plus fréquentes, ce qui pourrait nuire à la santé humaine, animale et végétale.

L’envie d’agir

La série documentaire se conclut sur une note d’espoir en présentant de nouveaux modes de vie adoptés par des résidents au Yukon.

Au-delà de la simple révélation des incidences du réchauffement climatique, la série tente au contraire d’exposer les avancées en matière de solutions : «On présente ce sur quoi les scientifiques travaillent. Par exemple, comment garder le sol froid pour contrer la fonte du pergélisol», explique Simon D’Amours.

La série compte cinq épisodes de 24 minutes. L’équipe de la série a aussi tourné cinq courtes capsules vidéos pour présenter les coulisses du tournage. Elles seront diffusées sur ICI Grand Nord.

La première saison étant à la hauteur de ses promesses, la Société Radio-Canada, l’un des partenaires principaux de la production, a été conquise par le résultat et a d’ores et déjà commandé une deuxième saison.