le Vendredi 12 août 2022
le Jeudi 12 mai 2022 13:28 | mis à jour le 12 mai 2022 13:39 Politique

Débat conservateur : Temps de parole limités et peu de place aux attaques

De g. à d., Leslyn Lewis, Roman Baber, Jean Charest, Scott Aitchison, Patrick Brown, Pierre Poilievre. — Photo : Capture d'écran CPAC
De g. à d., Leslyn Lewis, Roman Baber, Jean Charest, Scott Aitchison, Patrick Brown, Pierre Poilievre.
Photo : Capture d'écran CPAC
FRANCOPRESSE – Les six candidats officiellement dans la course à la direction du Parti conservateur ont croisé le fer à Edmonton mercredi soir lors du premier débat officiel en anglais organisé par le parti. Un débat structuré, qui a offert peu de temps de parole aux candidats et qui les a parfois pris par surprise pour répondre à des questions sur leurs préférences télévisuelles et littéraires.

Les discussions se sont animées au cours de la deuxième heure, entre autres sur la question du droit à l’avortement. Le ton des discussions étant jusqu’alors poli et courtois.

Roman Baber, Jean Charest, Scott Aitchison et Patrick Brown, qui occupaient le centre de l’estrade, ont tous affirmé être pro-choix. À l’extrémité gauche, Leslyn Lewis a réitéré sa position pro-vie et a interpelé le favori dans la course, Pierre Poilievre, lui rappelant qu’il ne s’est toujours pas prononcé officiellement sur la question.

Comme il le fait depuis le début de la campagne, il a réitéré qu’«un gouvernement Poilievre ne présenterait pas ou n’adopterait pas une loi restreignant l’avortement».

Jean Charest l’a relancé en affirmant que «chaque candidat dans cette course doit dévoiler aux Canadiennes quelle est leur position. Qu’ils soient pour ou contre.» Des propos qui ont provoqué des huées chez les partisans dans la salle, ce qui a couté 10 secondes de temps de parole à Pierre Polievre.

La structure du débat offrait aux candidats des plages limitées de 30 secondes à 1 minute pour répondre aux questions du modérateur. Dans les cas où les partisans dans la salle s’exprimaient pour ou contre un candidat, le temps de parole de celui-ci était réduit. Une règle similaire s’appliquait aux aspirants chefs dans le cas d’attaques directes ou à demi-mot d’un autre candidat ou d’un élu du gouvernement.

Cryptomonnaies et rôle de la Banque du Canada

Le débat de mercredi était le premier affrontement entre Leslyn Lewis, Jean Charest, Roman Baber, Scott Aitchison, Patrick Brown et Pierre Poilievre. Le maire de Brampton, Patrick Brown, avait choisi de ne pas participer au premier débat organisé par le réseau Canada Strong and Free la semaine dernière.

C’est en répondant à la question : «Quelle est votre vision du Canada?» que Pierre Poilievre a annoncé son intention de congédier le gouverneur de la Banque du Canada Tiff Macklem s’il prenait le pouvoir.

«Le gouverneur de la Banque du Canada s’est permis de devenir le guichet automatique de ce gouvernement. Donc, je le remplacerais par un nouveau gouverneur qui rétablirait notre mandat de faible inflation pour protéger le pouvoir d’achat de notre dollar et honorer les travailleurs qui ont gagné ces dollars», a-t-il affirmé.

Le sujet a refait surface plus tard dans alors que les candidats se prononçaient sur la règlementation de la cryptomonnaie. Les cinq candidats à la droite de Pierre Poilievre ont tous manifesté leur inquiétude quant à sa proposition de dérèglementation de la cryptomonnaie.

De g. à d. Scott Aitchison, Roman Baber, Pierre Poilievre, Jean Charest, Leslyn Lewis, Pierre Poilievre.

Photos : Sites Web et médias sociaux des candidats

Convoi des camionneurs

Sur la même longueur d’onde que Pierre Poilievre, le maire de Brampton, Patrick Brown, s’est opposé aux blocages illégaux des infrastructures comme ce fut le cas en février dernier au pont Ambassador à Windsor. «Je m’oppose aux blocages illégaux. […] Je pense que le parti conservateur est le parti de la loi et l’ordre et nous ne pouvons pas faire exception à cela», a-t-il précisé.

Le sujet a cependant fait réagir Jean Charest. «Monsieur Poilievre réécrit l’histoire à son aise ce soir. Le fait est qu’il a appuyé les blocages illégaux», a-t-il précisé, soulignant que les manifestations de février ont couté des millions aux contribuables.

La députée de Haldimand-Norfolk, Leslyn Lewis, considère que le gouvernement a abusé de son pouvoir en gelant les comptes bancaires des organisateurs des manifestations.

Une position à laquelle adhère Pierre Poilievre qui a dénoncé l’utilisation de la Loi sur les mesures d’urgence pour geler les comptes bancaires des organisateurs des manifestations de février dernier. Contrairement aux propositions qui circulent en ce moment, il s’oppose à la création d’une banque centrale pour la cryptomonnaie. Il défend par contre sa position sur l’utilisation des Bitcoins qui ne sont pas gérés par une banque centrale fédérale. «Dans un marché libre, les gens devraient pouvoir prendre leurs décisions par eux-mêmes», a-t-il affirmé.

Le point de vue du député de Carleton a suscité de nombreuses réactions de la part des autres candidats. Cependant, les candidats étaient limités à cinq droits de réplique dans cette portion du débat qui a duré près de 60 minutes. Défendant sa vision sur les cryptomonnaies, Pierre Poilievre avait épuisé ses droits de réplique, le laissant à l’écart sur les enjeux de l’énergie, du Nord et de l’environnement débattus par la suite.

Le débat en français sera présenté le 25 mai, un peu plus d’une semaine avant la date limite pour les candidats de recruter des nouveaux membres. Ce sera le 10 septembre que le nom du prochain chef du Parti conservateur sera connu.