le Dimanche 22 mai 2022
le Vendredi 6 mai 2022 13:00 | mis à jour le 6 mai 2022 14:30 Politique

Feuilleton de la Colline — Semaine du 2 mai 2022

Le premier ministre a assuré vouloir renforcer la Loi canadienne sur la santé et, ultimement, légiférer pour que les provinces garantissent l’accès à l’avortement. — Photo : Inès Lombardo – Francopresse/Montage Francopresse
Le premier ministre a assuré vouloir renforcer la Loi canadienne sur la santé et, ultimement, légiférer pour que les provinces garantissent l’accès à l’avortement.
Photo : Inès Lombardo – Francopresse/Montage Francopresse
FRANCOPRESSE — Cette semaine sur la Colline : discussions sur le droit à l’avortement, premier débat des candidats à la chefferie conservatrice, le vote à 16 ans remis sur la table et le «fuddle-duddle» de Justin Trudeau.

Plus dans la francophonie

  • Plan d’action pour les langues officielles : pas de consultations avant la fin juin

La ministre fédérale des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor.

Photo : Mélanie Tremblay – Francopresse

C’est ce que Ginette Petitpas Taylor, ministre fédérale des Langues officielles, a déclaré en entrevue avec Francopresse. Elle a aussi assuré que les établissements postsecondaires francophones bénéficieront d’un appui soutenu du gouvernement dans le prochain Plan d’action 2023-2028.

Du droit à l’avortement au vote à 16 ans

  • Justin Trudeau veut renforcer l’accès à l’avortement

La question du droit à l’avortement a refait surface aux Communes cette semaine après la révélation d’un avant-projet de la Cour suprême des États-Unis visant à annuler l’arrêt Roe c. Wade ayant légalisé l’avortement dans tout le pays en 1973.

Le premier ministre Justin Trudeau a assuré vouloir renforcer la Loi canadienne sur la santé et, ultimement, légiférer pour que l’ensemble des provinces et territoires garantissent l’accès à l’avortement.

Actuellement, si l’avortement consenti n’est plus criminel au Canada depuis 1988, l’accès à ce service est inégal d’une région à l’autre et demeure particulièrement difficile au Nouveau-Brunswick.

De nombreuses Canadiennes n’ont pas la garantie de voir les frais d’avortement couverts, tandis que d’autres encore doivent parcourir des centaines de kilomètres dans leur province, faute de points d’accès dans leur région.

À lire aussi : L’accès à l’avortement toujours inégal au Canada, 33 ans après sa légalisation

  • Premier débat des candidats à la chefferie conservatrice

Les six candidats ont passé la dernière étape pour être officiellement qualifiés dans la course à la chefferie, selon les règles du Parti conservateur du Canada : Pierre Poilievre, Jean Charest, Leslyn Lewis (en haut) ; Patrick Brown, Scott Aitchison, Roman Baber (en bas).

Photo : Facebook/Montage Francopresse

Cinq des six candidats officiellement qualifiés à la course à la succession d’Erin O’Toole ont croisé le fer lors d’un premier débat organisé par le réseau Canada Strong and Free, jeudi.

Scott Aitchison, Roman Baber, Jean Charest, Leslyn Lewis et Pierre Poilievre ont accepté de se prêter à l’exercice. Le maire de Brampton, Patrick Brown, a préféré poursuivre sa campagne plutôt que de participer au débat.

Celui-ci a mené à des échanges musclés entre les deux favoris de la course, Jean Charest et Pierre Poilièvre, laissant parfois les trois autres candidats à l’écart. La candidate antichoix Leslyn Lewis a accusé Pierre Poilievre de ne pas avoir pris position publiquement sur la question du droit à l’avortement et de ne pas avoir été suffisamment présent pendant l’occupation des camionneurs à Ottawa en février.

L’ancien premier ministre libéral du Québec Jean Charest a quant à lui dû défendre ses allégeances politiques lorsque les modérateurs du débat lui ont demandé : «Êtes-vous un vrai conservateur?»

Le favori du public du débat, Pierre Poilievre, qui est arrivé sur scène sans serrer la main de Jean Charest, a fortement insisté pour savoir combien ce dernier avait été payé par la firme Huawei alors qu’il y était conseiller. Jean Charest a contourné la question en répliquant : «Nous ne sommes pas dans une rencontre de conseil étudiant.»

Le premier débat officiel organisé par le parti aura lieu en anglais, le 11 mai à Edmonton. Il faudra attendre le 25 mai pour un débat en français, qui se tiendra cette fois à Montréal.

  • Ce n’était pas «fuddle-duddle»

Le leadeur de la Chambre de l’opposition officielle, John Brassard, soutient avoir entendu le premier ministre utiliser le «mot en f» alors qu’il était questionné sur la circulation des avions militaires pendant le convoi des camionneurs.

«Je vous confirme ce que j’ai entendu et ce que mes collègues ont entendu, et ce n’était “fuddle-duddle”», a précisé John Brasard en faisant référence à un incident impliquant Pierre Elliott Trudeau, en 1971, qui aurait utilisé un langage non parlementaire.

Le président de la Chambre, Chris d’Entremont, soutient ne pas avoir entendu le premier ministre et les mots utilisés n’étaient pas identifiables sur les transcriptions parlementaires.

  • Le vote à 16 ans en seconde lecture

Le 3 mai, Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), a appuyé le projet de loi C-210 de son député Taylor Brachrach visant à abaisser l’âge légal du vote à 16 ans. C–210 est passé en deuxième lecture en Chambre cette semaine.

Jagmeet Singh, chef du NPD, a appuyé le projet de loi de son député Taylor Brachrach pour abaisser l’âge légal de vote à 16 ans.

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Plusieurs tentatives similaires ont échoué ces deux dernières années : l’une au Sénat en 2020, l’autre à la Chambre des communes l’an dernier.

À la question de savoir s’il pensait que ce projet de loi avait de bonnes chances d’être adopté avant l’été, vu l’alliance du NPD et des libéraux, Jagmeet Singh est resté vague.

Rappelons qu’en 2016, même si les libéraux avaient voté en faveur d’un projet de loi similaire au Nouveau-Brunswick, certains avaient émis des réserves.

Marc-André LeBlanc, alors président de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) avait déclaré à l’époque à Radio-Canada : «Du côté libéral, on nous disait souvent que ce n’était pas quelque chose qui faisait partie de leur plateforme électorale, puis quand on les a approchés avant les élections, ils nous ont dit qu’eux, ils aiment mieux travailler avec la tranche des jeunes de 18 à 25 ans plutôt que d’abaisser le droit de vote à 16 ans.»

  • Journée mondiale de la liberté de la presse

Le 3 mai, la lauréate du prix Nobel de la paix Maria Ressa a donné une conférence virtuelle au 21e déjeuner de la Journée mondiale de la liberté de la presse et du concours international de caricatures, organisé à Ottawa.

Maria Ressa, cofondatrice du site d’information en ligne Rappler, a remporté le prix Nobel 2021 pour ses efforts visant à «sauvegarder la liberté d’expression, qui est une condition préalable à la démocratie et à une paix durable», après son travail de longue haleine de lutte contre la désinformation dans un contexte de gouvernement autoritaire aux Philippines.

Pour sa part, Justin Trudeau a déclaré : «Le Canada jouit d’une presse forte et libre, mais nous savons que ce n’est pas le cas partout. Bien des journalistes subissent de la censure, de l’intimidation, de la violence, des peines de prison et des arrestations illégales. Cette année seulement, un peu partout dans le monde, de nombreux journalistes ont été tués et des centaines ont été emprisonnés alors qu’ils étaient en devoir. Ces circonstances nous rappellent que nous devons continuer de promouvoir le travail des journalistes et une presse forte et libre.»

Citation de la semaine

«Le droit [à l’avortement] est fort. C’est mon droit, celui de ma fille et de toutes les Canadiennes d’avoir [accès] à un avortement sécuritaire et légal! Encore aujourd’hui, des membres de l’opposition ne se prononcent pas sur ce qui s’est passé. J’espère que ce n’est pas vrai que la cheffe intérimaire [Candice Bergen] a demandé à ses députés de se taire et de ne pas se prononcer sur l’avortement. Les Canadiens et Canadiennes ont besoin de savoir que leurs députés protègeront toujours ce droit fondamental.»

— Soraya Martinez Ferrada, députée libérale, le 3 mai