le Lundi 5 Décembre 2022
le Samedi 30 avril 2022 13:00 Politique

Ontario : un budget de la Ford Nation à saveur électorale

L'assemblée législative de l'Ontario, à Toronto.  — Al_HikesAZ — Flickr
L'assemblée législative de l'Ontario, à Toronto.
Al_HikesAZ — Flickr
IJL — LE DROIT (Ontario) Le ministre des Finances de l’Ontario a déposé son budget annuel, le 28 avril. Mais à quelques jours du déclenchement de la campagne électorale provinciale, il a refusé de dire s’il déposerait un budget identique si son gouvernement est réélu, le 2 juin.
Ontario : un budget de la Ford Nation à saveur électorale
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Dans le budget annuel de l’Ontario qu’a déposé Peter Bethlenfalvy, un document qui mourra presque certainement au feuilleton avant même d’être adopté par la chambre, il établit clairement les promesses électorales des progressistes-conservateurs pour les années à venir.

Mais si son parti progressiste-conservateur est réélu le 2 juin, le ministre des Finances Peter Bethlenfalvy déposera-t-il un plan de dépenses identique à celui présenté ce 28 avril ?

Questionné de façon insistante par les médias, celui-ci a refusé de répondre par «oui» ou par «non».

«Nous allons écouter les gens de l’Ontario, s’est-il contenté de répéter. Ceci est le plan que nous proposons, et les gens de l’Ontario vont voter en fonction de ce budget et ce seront eux qui décideront s’il est approuvé ou non.»

Le ministre des Finances de l’Ontario a déposé son budget annuel, le 28 avril.

Courtoisie Twitter Peter Bethlenfalvy

Retour à l’équilibre budgétaire

Il est toutefois convaincu que son plan de dépenses permettra un retour à l’équilibre budgétaire plus tôt que prévu.

Dans un scénario de «croissance au ralenti», l’Ontario aura toujours un déficit de 15 milliards $ en 2024-2025.

Mais dans un scénario plus optimiste, celui où la province enregistrerait une «croissance accélérée», l’Ontario pourrait enregistrer un surplus budgétaire de 2,4 milliards $ à la même période.

Or, le gouvernement prévoit dépenser selon un scénario qui se situe plutôt entre les deux, qui verrait le déficit passer à 7,6 milliards $ en 2024-2025 et qui mènerait à l’équilibre budgétaire, voire à un surplus de 1,3 milliard $ des coffres, en 2027-2028.

Pourtant, le Bureau de la responsabilité financière (BRF) avait souligné, dans un rapport publié à la mi-avril, que la province pourrait se sortir du rouge d’ici l’an prochain.

Si la croissance économique s’avère plus lente, ou plus rapide que prévu, «le plan financier de l’Ontario changerait», peut-on lire dans le budget de la province.

Un haut fonctionnaire du ministère des Finances espère que l’économie ne soit pas interrompue à nouveau en raison de la COVID-19. Il a souligné que l’avenir incertain causé par la pandémie et les nouveaux variants du virus continue de poser un risque sur les projections financières.

Les promesses

Doug Ford et sa troupe promettent «l’un des plus ambitieux plans d’immobilisations» de l’histoire de l’Ontario.

Les progressistes-conservateurs prévoient dépenser 20 milliards $ en 2022-2023 pour construire des routes et des infrastructures.

Ce sont près de 159 milliards $ sur une période de dix ans qui seraient dépensés pour améliorer les systèmes routiers, de transports en commun, de santé et l’accès à Internet haute vitesse si les Ontariens choisissent de maintenir le gouvernement de Doug Ford en poste pour un second mandat.

Les projets prévus sont situés dans les quatre coins de la province, y compris le Grand Toronto, ainsi que le nord et le sud de l’Ontario.

Le hic : très peu est prévu pour la Ville d’Ottawa.

Certes, le gouvernement a l’intention de soutenir le projet de réaménagement du Campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa, le projet d’agrandissement du Centre de santé communautaire Carlington et la réfection d’une partie de l’autoroute 417, près du chemin Walkley.

Or, ces annonces représentent une infime fraction des dépenses prévues pour l’ensemble de la province.

Les progressistes-conservateurs ont aussi omis d’inclure des engagements pour financer la troisième phase du train léger dans la capitale fédérale.

Du nouveau 

Plusieurs mesures annoncées dans le budget présenté jeudi avaient déjà été dévoilées au cours des derniers mois.

Mais le document comprend bel et bien du nouveau : la Ford Nation propose une amélioration au programme de crédit d’impôt pour les personnes et les familles à faible revenu (CIPFR).

Le premier ministre Doug Ford et sa troupe promettent «l’un des plus ambitieux plans d’immobilisations» de l’histoire de l’Ontario.

Courtoisie Twitter Doug Ford

Lorsque Doug Ford est arrivé au pouvoir et qu’il a annulé le plan du gouvernement libéral précédent qui visait à augmenter le salaire minimum à 15 $ l’heure, il avait mis ce programme sur pied pour alléger le fardeau fiscal des personnes qui empochent moins de 38 500 $ par année.

Dès 2022, ce crédit d’impôt touchera les personnes qui ont un salaire de 50 000 $ ou moins, et l’allègement maximal passerait de 850 $ à 875 $ par année.

Cette bonification du programme permettrait à 700 000 Ontariens de plus de bénéficier de ce crédit d’impôt. Cette mesure concernerait un total de 1,7 million de personnes.

Si Doug Ford est réélu, il promet aussi un crédit d’impôt pour les soins à domicile pour les ainés.

Le gouvernement ontarien promet également de construire plus de routes menant au Cercle de feu, un gisement important de minéraux qui, selon la province, «jouera un rôle clé pour assurer la prospérité future de l’Ontario».

Le ministre Bethlenfalvy promet aussi de dépenser dans les minéraux comme le nickel et le cobalt, l’acier propre et l’énergie nucléaire, qui devrait contribuer, à ses dires, «à renforcer nos chaines d’approvisionnement locales liées à la fabrication de batteries de véhicules électriques».

Doug Ford réitère aussi, dans son budget, ses promesses de réduire la taxe sur l’essence de 5,7 cents le litre pendant six mois à compter du 1er juillet de cette année, de supprimer les frais de renouvèlement des plaques d’immatriculation et la suppression des péages sur deux autoroutes de la province.