le Lundi 5 Décembre 2022
le Samedi 23 avril 2022 13:00 | mis à jour le 3 mai 2022 12:30 Actualité

La numérisation du journal L’Eau vive, un travail collaboratif

Les archives de L’Eau vive sont un patrimoine à préserver. — Archives L’Eau vive
Les archives de L’Eau vive sont un patrimoine à préserver.
Archives L’Eau vive
IJL — RÉSEAU.PRESSE – L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Grâce à un partenariat avec la Cité universitaire francophone de Regina, quatre étudiants prêtent mainforte à l’équipe de la Société historique de la Saskatchewan depuis février afin de numériser 27 ans du journal fransaskois.
La numérisation du journal L’Eau vive, un travail collaboratif
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Patricia Choppinet (au centre) est archiviste à la Société historique de la Saskatchewan.

Emmanuel Masson - L’Eau vive

«Nous numérisons les années 1971 à 1998, soit 27 volumes», indique Patricia Choppinet, archiviste à la Société historique de la Saskatchewan (SHS). Au-delà de cette date, il existe déjà des versions numériques du journal.

La SHS a lancé l’initiative «Une page à la fois» en avril 2021 afin d’immortaliser le patrimoine que représente L’Eau vive pour la communauté fransaskoise. Cependant, «avec la pandémie, l’accueil de bénévoles ou d’étudiants a été retardé», rapporte l’archiviste.

Depuis février, avec la levée des restrictions liées à la pandémie, quatre étudiants de la Cité universitaire francophone (Cité) de Regina, soit Manjalia Idrissa, Alyssa Parker, Teagan Kirzinger et Nolan Grad, peuvent finalement apporter leur aide à la SHS. En l’espace d’un mois, ils ont réussi à numériser l’équivalent de quatre volumes.

«Le numériseur du Centre des archives est entièrement dédié à la numérisation du journal quatre jours par semaine», indique Patricia Choppinet. À ce rythme, toutes les éditions du journal devraient être numérisées d’ici la fin de l’année, estime cette dernière.

Consultez le site du journal L’Eau vive

Une aide précieuse

En avril 2021, le Centre des archives a entrepris un autre travail titanesque, soit celui d’indexer tous les articles de L’Eau vive. «Il s’agit de décrire chaque article publié dans le journal fransaskois. C’est un projet colossal qui permettra de construire une base de données pour faciliter la recherche d’informations», souligne l’archiviste.

Pour ce faire, la communauté avait été appelée à l’aide. Si «des résultats encourageants» ont été obtenus, Patricia Choppinet souligne que la participation des étudiants a permis de faire avancer grandement les choses ; ceux-ci ont indexé plus de cinq volumes, soit plus de 7 000 articles.

La collaboration avec la Cité universitaire francophone est fondamentale au succès du projet.

— Patricia Choppinet, archiviste à la Société historique de la Saskatchewan

«Je me suis engagé dans le projet parce qu’avec la numérisation de L’Eau vive, on comprendra mieux l’histoire et l’évolution de la Saskatchewan», indique Nolan Grad, l’un des quatre étudiants à participer à cet effort.

Un patrimoine à préserver

«On peut tirer son inspiration des expériences passées de nos communautés pour améliorer le présent. J’aime lire les éditoriaux qui portaient sur des sujets qui nous touchent encore, tels que la politique, l’éducation et les médias», ajoute celui qui a obtenu un certificat en français langue seconde à la Cité.

Alyssa Parker a elle aussi le sentiment d’accomplir un travail qui sera utile à la communauté : «L’été passé, j’ai essayé de faire de la recherche sur les organismes communautaires et c’était très difficile. J’ai pensé aux possibilités de recherche et à la manière dont la numérisation et la notation des articles seraient essentielles pour les projets à venir.»

Elle ajoute :

La communauté francophone a beaucoup à apprendre des éditions de L’Eau vive. Il y a de l’histoire familiale et des implications politiques. J’ai très hâte de voir la recherche académique et domestique qui va ressortir de la numérisation.

— Alyssa Parker, étudiante à Cité universitaire francophone de Regina

Michael Poplyansky est professeur à La Cité universitaire francophone de l’Université de Regina.

Archives Acadie Nouvelle

À lire aussi : Le Centre des archives fransaskoises s’est offert un numériseur dernier cri (L’Eau vive)

Un instrument de recherche

Justement, Michael Poplyansky, professeur à la Cité, y voit un intérêt pour ses recherches. «Pour les chercheurs, lire des archives en format papier peut prendre beaucoup de temps. Par contre, une fois que c’est numérisé et indexé, tout le monde peut facilement identifier les articles qui sont les plus pertinents», note-t-il.

Les archives numérisées ouvriront notamment les portes de la fransaskoisie sur le monde. «Beaucoup de chercheurs s’intéressent à la fransaskoisie et n’habitent pas en Saskatchewan. Ils sont à travers le Canada, aux États-Unis et même en Europe. Avoir le journal disponible sur Internet leur permettra de mieux connaitre la communauté, sans devoir se déplacer», ajoute l’universitaire qui a reçu un financement du Secrétariat du Québec aux relations canadiennes.

Et, comme le souligne l’archiviste Patricia Choppinet, la libéralisation de l’accès à ces archives permet à quiconque de se former sa propre idée de la communauté francophone de la province : «Le journal est le reflet des pensées d’une communauté qui grandit et qui change continuellement de visage.»

Toute personne désirant participer à la numérisation de L’Eau vive peut écrire à Patricia Choppinet à archives@histoiresk.ca.