le Lundi 23 mai 2022
le Dimanche 3 avril 2022 7:30 Sciences et environnement

Un intérêt grandissant pour l’énergie propre au Nunavut

Des panneaux solaires et des éoliennes produisent l’énergie utilisée pour alimenter, éclairer et chauffer les modules du projet Naurvik. — Arctic Research Foundation
Des panneaux solaires et des éoliennes produisent l’énergie utilisée pour alimenter, éclairer et chauffer les modules du projet Naurvik.
Arctic Research Foundation
IJL — RÉSEAU.PRESSE – LE NUNAVOIX (Nunavut) – Depuis plusieurs mois, un programme gouvernemental permet aux Nunavummiut d’obtenir une subvention pour installer système d’énergie renouvelable sur leur cabine ou leur maison. L’adhésion à cette initiative environnementale contribue à réduire l’empreinte carbone du territoire.

La subvention offerte pour les propriétaires de cabine qui souhaitent se tourner vers l’énergie propre peut aller jusqu’à 5000 $ et toute demande doit être soumise au Secrétariat du changement climatique du ministère de l’Environnement.

Quant aux propriétaires de maison, ils doivent adresser une demande à la Société d’habitation du Nunavut pour obtenir une subvention d’un maximum de 30 000 $, ce qui équivaut à la moitié des couts d’installation d’un système d’énergie solaire.

Avant de procéder à l’installation d’un système d’énergie renouvelable, le ministère de l’Environnement du gouvernement du Nunavut demande aux propriétaires de maison ou de cabine d’obtenir l’approbation de la Société d’énergie Qulliq (SÉQ). Cette démarche permet de participer au Programme de facturation nette, qui prévoit l’octroi de crédit pour l’énergie excédentaire générée par les systèmes de production d’énergie renouvelable et envoyée dans le réseau électrique.

«Cela permet aux clients de réduire la quantité d’électricité [qu’ils achètent de la SÉQ]. Le programme permet également de réduire la dépendance du Nunavut au diésel et ses émissions de carbone», peut-on lire sur le site Web du programme.

Consultez le site du journal Le Nunavoix

Un choix environnemental

Paul Crowley, résident d’Iqaluit, affirme avoir été parmi les premiers, sinon le premier à avoir procédé à l’installation de panneaux solaires sur sa maison il y a environ deux ans.

Paul Crowley fait partie des premiers résidents d’Iqaluit à installer des panneaux solaires sur sa maison.

Courtoisie Paul Crowley 

Il soutient que sa motivation première était d’ordre environnemental. «J’ai voulu faire ça il y a une quinzaine d’années, mais à ce moment-là il n’y avait pas la législation au niveau politique qui permettait de le faire», relate l’homme qui a bénéficié de la subvention gouvernementale actuellement disponible.

Malgré les mois de grande noirceur caractéristiques du territoire, il soutient que ce type d’énergie est tout à fait utilisable au Nunavut : «Sur une année, on [équilibre] notre consommation. Il y a des moments de l’année où on donne plus dans le réseau, d’autres où on donne moins, mais sur une année, ça s’équivaut. C’est comme utiliser le réseau comme une grande batterie, une grande pile sur une année», explique Paul Crowley.

Il précise en être à sa première année d’utilisation puisqu’il y a eu un certain délai entre l’installation et la connexion de ses panneaux solaires, qui s’est effectuée en aout 2021.

Au départ, Paul Crowley avait évalué qu’il lui faudrait entre huit et dix ans pour payer son système et que, par la suite, il engendrerait du profit. «La subvention qui a payé, pas tout à fait, mais presque la moitié, ça réduit le temps que ça va prendre pour qu’on arrive à niveau», résume Paul Crowley.

Il estime qu’il est de plus en plus facile de procéder à l’installation de panneaux solaires au Nunavut et encourage toute personne ayant la possibilité de se lancer dans ce projet à le faire.

À lire aussi : Agriculture : tirer profit de l’énergie solaire peut être payant (Agricom)

Accroitre l’autosuffisance du territoire

Les montants des subventions proviennent de la taxe sur le carbone perçue par le gouvernement fédéral. L’augmentation de la tarification du carbone à 50 $/tonne au Nunavut en 2022 représente, selon le gouvernement territorial, un incitatif pour amener les particuliers et les entreprises à en diminuer leur utilisation.

Des conteneurs maritimes recyclés à Gjoa Haven, au Nunavut, ont été adaptés pour permettre la culture de fruits et de légumes frais toute l’année.

Arctic Research Foundation

«Dans l’esprit de Piliriqatigiinniq/Ikajuqtigiinniq, de Qanuqtuurniq et d’Avatittinnik Kamatsiarniq, nous devons unir nos forces pour trouver des façons novatrices de prendre soin de notre environnement et d’accroitre notre autosuffisance», déclare le ministère de l’Environnement du gouvernement du Nunavut dans un message d’intérêt public.

L’énergie propre pourrait également jouer un rôle dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Lancé en octobre 2019 dans la communauté de Gjoa Haven, le projet Naurvik, qui signifie «lieu de croissance» en inuktitut, tire profit des énergies éolienne et solaire, rendues disponibles par la situation géographique et les conditions météorologiques de l’endroit.

Cette initiative permet une culture durable de fruits et de légumes frais tout au long de l’année grâce à des conteneurs maritimes recyclés qui ont été adaptés et qui sont presque entièrement alimentés par des sources d’énergie renouvelable.

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