le Mardi 6 Décembre 2022
le Jeudi 31 mars 2022 13:00 | mis à jour le 18 août 2022 11:40 Libre opinion

Journée nationale de la visibilité transgenre : nous sommes des révolutionnaires

Le 31 mars est la Journée internationale de visibilité transgenre. — Photo : Delia Giandeini – Unsplash
Le 31 mars est la Journée internationale de visibilité transgenre.
Photo : Delia Giandeini – Unsplash
LETTRE OUVERTE – LE GABOTEUR (Terre-Neuve-et-Labrador) – Quel est notre rôle dans un monde marqué par la dualité? Le bon et le mauvais, le vrai et le faux, la vie et la mort. Il y a tellement de nuances à explorer dans chaque sujet qu’il est problématique de tout voir en noir et blanc. Les jeunes non-binaires, par exemple, sont touchés d’une manière disproportionnée par les crises – et surtout celleux d’une minorité visible!
Journée nationale de la visibilité transgenre : nous sommes des révolutionnaires
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Jessie Lawrence est une jeune francophone non-binaire de Corner Brook, à Terre-Neuve-et-Labrador, qui étudie actuellement la diversité et la justice sociale à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Courtoisie

Pensons entre autres à la pandémie et aux injustices sociales qui traversent la vie ordinaire. Mon cœur bat aussi pour tout·es mes ami·es en Ukraine qui essaient d’être en sécurité, aux personnes migrantes dans les limbes alors qu’elles attendent de fuir vers des communautés plus tolérantes.

Dans un monde ravagé par l’injustice, tout — des couts du logement jusqu’au prix de l’essence — affecte les populations minorisées de manière disproportionnée. Malgré tous les défis du monde actuellement, la Journée internationale de la visibilité transgenre offre un moment de réflexion et de célébration de tout ce que nous avons accompli jusqu’à présent.

Elle est une occasion importante afin de témoigner de ce qui est possible pour notre communauté. Les personnes trans et non-binaires méritent également l’amour et la sécurité. En ce jour, nous espérons souligner les triomphes de la communauté dans sa diversité.

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Développer un langage plus neutre

Être d’expression francophone et questionner le genre est compliqué. En plus de la complexité du genre lui-même, nous devons également naviguer dans une langue qui baigne dans les connotations sexuées.

La neutralité pose un défi important pour la langue, qui est un obstacle à l’inclusivité. Or le fait même de mentionner cela est un pas important! Le langage neutre commence à faire son chemin dans le domaine social commun et les pronoms comme «iel» deviennent de plus en plus populaires.

C’est en normalisant ces identités et en développant un langage plus neutre que nous pouvons soutenir nos amis transgenres et non-binaires en créant des communautés plus sécuritaires et plus inclusives pour tout·es.

Notre travail en faveur de la justice et de l’équité est loin d’être terminé, bien sûr. Nous avons encore de très nombreux défis à aborder, en particulier à l’échelle mondiale, mais lorsque nous prenons le temps de réfléchir au chemin parcouru par la communauté 2SLGBTQ+, nous devons également comprendre que les progrès qui nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui sont en grande partie dus aux efforts incessants de personnes trans et de genres divers.

— Jessie Lawrence, jeune francophone non-binaire

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Élevez celleux qui sont souvent exclu·es

Il ne faut pas non plus oublier la contribution de personnes qui s’identifient comme faisant partie de minorités visibles. L’histoire de notre communauté n’est pas jolie — c’est une émeute difficile, désordonnée, dangereuse et parfois illégale —, mais c’est aussi une source d’inspiration et un témoignage de nos efforts collectifs de mobilisation et du retentissement que ces efforts peuvent avoir dans la société.

«Utilisez vos propres privilèges pour agir de manière positive et efficace», invite Jessie Lawrence.

Photo : Ehimetalor Akhere Unuabona – Unsplash

En cette Journée internationale de la visibilité transgenre et tout au long de l’année, écoutez celleux qui ne sont pas entendu·es par les autorités ; amplifiez la voix et élevez celleux qui sont souvent exclu·es ; éduquez-vous par la littérature et des sources reconnues.

Tout cela enlève de la pression sur les personnes minorisées, à qui on demande trop souvent de dépenser leur énergie et d’éduquer les autres quant à la discrimination qui persiste et de laquelle iels sont toujours victimes.

Enfin, utilisez vos propres privilèges pour agir de manière positive et efficace, et soyez vigilants et fermes face aux marques d’intolérance qui ravagent toujours la société dans tous les domaines : celui de l’éducation, de l’emploi, au sein même du gouvernement. Si vous êtes en mesure de faire des changements, faites-les.

Nous ne sommes pas effrayant·es. Nous ne sommes pas inférieur·es. Nous sommes des êtres humains, nous sommes puissant·es et nous sommes des révolutionnaires.

Jessie Lawrence est une jeune francophone non-binaire de Corner Brook qui étudie actuellement la diversité et la justice sociale à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Récipiendaire de la médaille de la paix du YMCA et du Prix des droits de la personne 2019 de la Commission des droits de la personne de Terre-Neuve-et-Labrador, iel explique pourquoi le 31 mars, Journée internationale de la visibilité transgenre, est une date importante à souligner.