le Mercredi 7 Décembre 2022
le Mercredi 16 mars 2022 13:00 Société

Déclin démographique aux Territoires du Nord-Ouest entre 2016 et 2021

Yellowknife, capitale des Territoires du Nord-Ouest.  — Louis White – Flickr
Yellowknife, capitale des Territoires du Nord-Ouest.
Louis White – Flickr
IJL — RÉSEAU.PRESSE – L’AQUILON (Territoires du Nord-Ouest) – Tous les cinq ans, Statistique Canada recense la population du pays. Les derniers chiffres de cet exercice montrent une croissance démographique nette au pays, mais un déclin aux Territoires du Nord-Ouest, particulièrement dans les petites collectivités.
Déclin démographique aux Territoires du Nord-Ouest entre 2016 et 2021
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Le mercredi 9 février 2022, Statistique Canada a livré les premiers résultats du dernier recensement de la population canadienne, qui couvre la période de 2016 à 2021.

Centré sur la démographie, le premier volet de données publiées porte sur les variations de population dans les territoires, les provinces et les municipalités du pays.

Ces chiffres montrent que les Territoires du Nord-Ouest enregistrent une perte nette d’un peu plus de 700 habitants, soit un fléchissement de 1,7 % de la population territoriale.

Les autres territoires s’en sortent mieux : le Nunavut a connu une croissance de 2,5 % de sa population, et le Yukon affiche la meilleure croissance proportionnelle de tout le pays, avec 12,1 %.

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Population canadienne en croissance

Avec une hausse de la population de 5,2 % sur cinq ans, le Canada compte au-delà de 1,8 million d’habitants de plus qu’en 2016. Cette croissance, la plus forte du G7 (qui comprend, en plus du Canada, l’Allemagne, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni), est notamment attribuable à une forte immigration.

Même si la croissance a été supérieure à celle de 5 % enregistrée en 2016, elle a tout de même été freinée par la crise de la COVID-19, le resserrement des politiques d’immigration et la fermeture des frontières en 2020.

«Bien que l’arrivée de la pandémie ait ralenti la croissance démographique de la population, qui est passée d’un sommet record en 2019 […] à son plus bas taux de croissance en un siècle en 2020 […], le rythme de croissance démographique du Canada demeure le plus élevé du G7», indique le communiqué publié par Statistique Canada le 9 février.

Changements démographiques variables selon les régions

Des treize territoires et provinces, seuls deux affichent une croissance négative : les Territoires du Nord-Ouest et Terre-Neuve-et-Labrador (-1,8 %).

Variation de la population aux TNO 2016-2021.

Lambert Baraut-Guinet - Médias ténois

Aux Territoires du Nord-Ouest, la diminution de la population se fait surtout sentir dans les centres régionaux.

Si Yellowknife a gagné presque 800 habitants en cinq ans, Hay River, Inuvik et Fort Smith en ont perdu respectivement 350, 100 et 300 environ.

La petite collectivité d’Enterprise, au sud de Hay River, est celle qui a encaissé la plus grande perte démographique relative du territoire. Sa population a baissé de plus du tiers, passant de 106 à 75 personnes.

Les autres territoires canadiens ont, quant à eux, vu leur population augmenter.

Avec un gain de 12,1 %, le Yukon compte désormais 40 232 habitants. Son bassin de population se rapproche de celui des Territoires du Nord-Ouest, qui comptent 41 070 personnes. Quant au Nunavut, avec un millier d’habitants de plus, sa population s’établit aujourd’hui à presque 37 000 personnes.

Croissance de la population au Canada 2016-2021.

Lambert Baraut-Guinet - Médias ténois

Corrélation avec le logement

Dans les capitales des trois territoires, les variations du nombre de logements privés suivent fidèlement celles de la population.

À Whitehorse, où la population a cru de 12,4 %, le nombre de logements privés a augmenté de 11,8 %.

À Yellowknife, où la croissance démographique demeure moins importante (3,9 %), le nombre de logements n’a augmenté que de 2,8 %.

À Iqaluit, la perte nette d’habitants (-4 %) est corrélée avec une diminution de presque autant de logements (-3,6 %).

Ces deux variables évoluant en parallèle, la crise immobilière que connaissent les villes du Nord canadien ne semble pas en voie de se résoudre prochainement, même si le nombre d’habitants, et donc la pression sur les logements vacants, est à la baisse à certains endroits.

Les autres volets du recensement, qui examinent les transformations démographiques, la scolarité, la religion, le revenu, la langue ou encore les Premières Nations, seront dévoilés tout au long 2022.