le Mardi 17 mai 2022
le Lundi 7 février 2022 18:00 Sports

Une Yukonaise sur les pistes à Pékin

Dahria Beatty s’est qualifiée pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin lors de la course de 10 kilomètres classique, le 8 janvier 2022. — Nathaniel Mah
Dahria Beatty s’est qualifiée pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin lors de la course de 10 kilomètres classique, le 8 janvier 2022.
Nathaniel Mah
L’AURORE BORÉALE (Yukon) – Le 8 janvier dernier, à Canmore en Alberta, la fondeuse yukonaise Dahria Beatty a remporté sa place dans la délégation canadienne des Jeux olympiques (JO) d’hiver de 2022, à Pékin du 4 au 20 février 2022. La jeune femme est encore plus déterminée qu’en 2018, lors des JO de Pyeongchang en Corée du Sud.

Athlète séniore de l’équipe nationale de ski de fond depuis ses 20 ans, Dahria Beatty s’est envolée le 26 janvier 2022 pour Pékin. À 27 ans, la sportive participera à ses deuxièmes Jeux olympiques d’hiver, la compétition internationale suprême.

Bien qu’elle ait eu plusieurs occasions de se qualifier, c’est finalement le 8 janvier 2022 que son rêve s’est concrétisé : elle a terminé deuxième à la course de 10 kilomètres classique, une demi-seconde derrière Katherine Stewart-Jones, décrochant ainsi son billet pour Pékin, sous les yeux de son ancien entraineur.

«J’étais très heureux qu’elle ait réussi à se qualifier, confie le Franco-Yukonais Alain Masson, coordonnateur pour Ski de fond Yukon et entraineur des athlètes d’élite de 14 ans et plus compétitionnant sur la scène nationale et internationale. Nous pensions qu’elle l’aurait fait en décembre lors de la Coupe du monde, mais ça n’a pas fonctionné comme nous l’avions espéré.»

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Succès local

Dahria Beatty a découvert le ski à l’âge de trois ans grâce au programme Jackrabbit du Club de ski de fond de Whitehorse et son amour pour ce sport ne s’est jamais démenti.

L’athlète aime particulièrement le côté non routinier de la discipline : «C’est un sport qui dépend tellement de la météo que les conditions sont toujours différentes. Même si le parcours est identique, une course sera toujours différente, car la neige change chaque jour.» Elle affectionne également la combinaison du travail de la technique avec l’entrainement physique.

Pour Alain Masson, c’est toujours un plaisir de voir les athlètes yukonais faire bonne figure et atteindre un tel niveau :

C’est bon pour les athlètes plus jeunes qui s’entrainent dans les programmes de développement. Ils voient que c’est possible, même en venant de Whitehorse, de se rendre au plus haut niveau, si ça les intéresse. C’est bon pour les programmes, c’est bon pour la communauté de ski, c’est bon pour la communauté en général!

— Alain Masson, coordonnateur pour Ski de fond Yukon

Six épreuves aux JO

Aux JO, les fondeuses peuvent prendre part à six épreuves : le sprint, le sprint par équipe, le 10 km en départ individuel, le skiathlon 7,5 km (classique) + 7,5 km (patin), le 30 km en départ groupé et le relai 4 x 5 km.

Dahria Beatty aura la possibilité de compétitionner dans ces six épreuves : «Je prendrai ma décision finale au moment des évènements en fonction de mon niveau d’énergie, mais je prévois prendre le départ des six!»

Exercices variés

Sa sélection pour participer aux JO est le couronnement de ses nombreuses années d’entrainement, tant physique que mental. Dahria Beatty confie consulter un psychologue sportif depuis l’âge de 14 ans : «Cela m’était nécessaire pour une bonne préparation mentale, notamment la gestion du stress : ne pas être trop stressée, mais tout de même assez pour avoir la bonne énergie. J’ai aussi appris à retrouver ma concentration quand quelque chose d’inattendu arrivait pendant une compétition.»

Près de 80 % de l’entrainement physique de l’athlète s’effectue en zone 1, c’est-à-dire à 50 % de sa fréquence cardiaque maximale, là où il est encore facile de parler tout en s’entrainant.

Le reste de l’entrainement est consacré au travail en intensité : en fonction de l’épreuve, les intervalles de l’entrainement fractionné changent.

«Pour le sprint, explique l’athlète, on fera des intervalles de 30 secondes ou d’une minute, alors que lors d’un entrainement ciblé pour le 30 kilomètres, on fera un seul intervalle de 60 minutes sans s’arrêter.»

Après avoir passé une quinzaine de jours en camp d’entrainement à Silver Star en Colombie-Britannique, Dahria Beatty se sent sereine pour sa deuxième participation aux JO. «Je sais ce qui m’attend, je suis donc un peu moins stressée et encore plus excitée! J’ai hâte d’améliorer mes résultats de 2018», conclut-elle.