le Lundi 23 mai 2022
le Dimanche 6 février 2022 13:00 | mis à jour le 7 février 2022 7:36 Art de vivre

Le Nunavoix souffle ses 20 bougies d’anniversaire

Le Nunavoix fête cette année son 20e anniversaire. — Gabrielle Poulin - Le Nunavoix
Le Nunavoix fête cette année son 20e anniversaire.
Gabrielle Poulin - Le Nunavoix
LE NUNAVOIX (Nunavut) – En 2002, Le Nunavoix prenait son envol comme journal communautaire avec pour slogan «Le souffle francophone du Nunavut». Il fête ainsi cette année son vingtième anniversaire, sans rien avoir perdu de son souffle d’origine.

À l’époque, le nouveau journal territorial se cachait à l’intérieur d’un autre journal francophone nordique, L’Aquilon, mensuel fondé en 1986 aux Territoires du Nord-Ouest et devenu hebdomadaire en 1993.

Tenant alors sur une simple page recto, Le Nunavoix annonçait surtout les activités à venir de l’Association des francophones du Nunavut (AFN), mais il comptait aussi un article local et des brèves au sujet du territoire naissant.

Le bimensuel Le Nunavoix n’est pas le premier organe d’information écrite à l’intention des francophones du Nunavut. Il est plutôt la dernière incarnation d’une longue tradition de bulletins, journaux et magazines qui a débuté dès les années 1960 sous le nom du Petit Écho, un feuillet de quatre pages de nouvelles communautaires publié par la défunte Association des francophones de Frobisher Bay jusqu’en 1981.

Ce feuillet a continué d’évoluer sous divers formats, toujours avec l’objectif d’informer les membres de l’AFN de ses activités socioculturelles. Il contenait, par exemple, l’horaire de la station CFRT 107.3 FM qui a vu le jour en 1994.

Pendant quelques années, les francophones du Nunavut ont aussi eu droit à une chronique en français, signée par Louis McComber, dans le journal Nunatsiaq News.

D’un bulletin à un journal communautaire

C’est en 1998, lors d’une rencontre informelle entre décideurs locaux, que Stéphane Cloutier, bénévole actif, propose le nom de Nunavoix.

À l’aube de la création du Nunavut qui allait suivre l’année suivante, il fallait trouver un gentilé pour décrire les francophones du Nord.

Les mots «Nunavutiens» ou «Nunavutois» déplaisaient au groupe, qui a voulu mettre de l’avant une autre proposition, celle de «Nunavois». En prenant le même nom, mais écrit avec un x final, la voix écrite francophone du Nunavut venait de naitre! Le Petit Écho est ainsi devenu Le Nunavoix, bulletin officiel des membres de l’AFN.

Ce n’est qu’en 2002 que Le Nunavoix adoptera véritablement une vocation de journal communautaire s’adressant à tous les francophones et francophiles du territoire, qu’ils soient membres ou non de l’AFN.

D’abord publié dans L’Aquilon, Le Nunavoix prendra sa forme actuelle et son véritable envol en 2010, sous les bons soins de Mylène Chartrand, rédactrice en chef bénévole et ancienne présidente de l’AFN. Avec les années, des dizaines de collaborateurs ont su animer le journal et en faire une voix locale forte et appréciée.

Un devoir de mémoire

Les archives du Nunavoix, facilement accessibles en ligne, témoignent de la quantité surprenante d’artistes et d’activités diverses qui ont animé la capitale nunavoise. Ces archives font office de mémoire pour cette communauté toujours en mouvement.

Les vieux textes rappellent aussi des moments phares, tels l’annonce de l’asphaltage du quartier du Plateau d’Iqaluit en 2009 ou encore le mythique concert de Kevin Parent le 18 avril 2015.

Avec l’agrandissement de l’École des Trois-Soleils, qui fête incidemment son 20e anniversaire aussi cette année, le Réseau santé en français au Nunavut (RÉSEFAN), le Carrefour Nunavut, la garderie Les Petits Nanooks, le Théâtre Uiviit et le vénérable Franco-Centre, tous situés à Iqaluit, la communauté possède les infrastructures pour s’épanouir et contribuer activement à la vie culturelle et communautaire de cette belle terre inuite. Le Nunavoix en reste l’un des fiers porte-paroles!

En septembre dernier, Le Nunavoix a remporté son premier prix national lors du gala annuel de Réseau.Presse pour l’article communautaire de l’année.

Félicie Wingerter

Un prix important

En septembre dernier, Le Nunavoix a remporté son premier prix national lors du gala annuel de Réseau.Presse, un regroupement des journaux francophones canadiens en milieu minoritaire. Ce prix d’excellence lui a été remis pour l’article communautaire de l’année intitulé Arpenter sa cour arrière… en 14 jours! et signé par un collaborateur du Nunavoix depuis huit ans, Simon Houle.

Depuis que Le Nunavoix est en ligne, son rayonnement s’accélère et son lectorat s’élargit. Ce prix, décerné par des pairs, permet d’attirer l’attention des artisans du journalisme des quatre coins du Canada sur les communautés arctiques. Ainsi, quelques articles sur des sujets du Nunavut ont été repris dans d’autres journaux canadiens et continueront de l’être dans les années à venir!