le Lundi 5 Décembre 2022
le Jeudi 27 janvier 2022 13:00 Sciences et environnement

Le Nouveau-Brunswick est la province qui a le plus réduit ses émissions de GES

En faisant passer ses émissions de gaz à effet de serre de 20 mégatonnes d’équivalent CO2 en 2005 à 12,4 mégatonnes en 2019, soit une réduction de 38 %, le Nouveau-Brunswick est la province qui a le plus contribué à la réduction des émissions sur le plan national.  — Zbynek Burival – Unsplash
En faisant passer ses émissions de gaz à effet de serre de 20 mégatonnes d’équivalent CO2 en 2005 à 12,4 mégatonnes en 2019, soit une réduction de 38 %, le Nouveau-Brunswick est la province qui a le plus contribué à la réduction des émissions sur le plan national.
Zbynek Burival – Unsplash
ACADIE NOUVELLE (Nouveau-Brunswick) – Alors que la province s’apprête à renouveler son plan d’action sur les changements climatiques, l’heure est venue de dresser un bilan. Et celui-ci n’est pas aussi désastreux qu’on ne pourrait le penser.
Le Nouveau-Brunswick est la province qui a le plus réduit ses émissions de GES
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Le 13 janvier, une série d’intervenants ont commencé à défiler devant le Comité permanent des changements climatiques et de l’intendance de l’environnement du Nouveau-Brunswick, qui se penche sur le renouvèlement du plan de transition vers une économie à faibles émissions de carbone de 2016.

Jeff Hoyt, directeur général du Secrétariat des changements climatiques du Nouveau-Brunswick, a profité de son passage devant le Comité pour vanter les progrès réalisés dans la province.

Le Nouveau-Brunswick a considérablement réduit ses émissions depuis 2005.

Inventaire national des gaz à effet de serre

En faisant passer ses émissions de gaz à effet de serre de 20 mégatonnes d’équivalent CO2 en 2005 à 12,4 mégatonnes en 2019, soit une réduction de 38 %, le Nouveau-Brunswick est la province qui a le plus contribué à la réduction des émissions sur le plan national. «Nous avons beaucoup de travail à faire, mais il est bon de reconnaitre nos succès», s’est félicité Jeff Hoyt.

Cette diminution s’explique principalement par une baisse de la production d’électricité à partir de charbon et de pétrole, ainsi que par la fermeture d’usines alimentées au charbon.

Malgré cela, les émissions de CO2 par habitant de la province (15,96 tonnes par personne) demeurent plus élevées que dans presque tout le monde développé : elles sont par exemple bien supérieures à celles de la Chine (7,72), de la France (5,1) ou de l’Inde (1,83).

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Redoubler d’ardeur

Il n’y a pas de quoi réjouir outre mesure le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, qui appelle l’équipe au pouvoir à en faire beaucoup plus.

«La science nous dit qu’au cours de cette décennie, nous devons opérer la plus profonde des transformations de nos logements, de nos transports et de nos approvisionnements en énergie que le monde n’ait jamais connues», insiste-t-il.

Il y aura fort à faire pour atteindre l’objectif de la neutralité carbone en 2050 fixé par le gouvernement fédéral.

L’industrie et les transports demeurent les secteurs les plus polluants.

Inventaire national des gaz à effet de serre

L’industrie compte encore pour 31 % des émissions, juste devant les transports (29 %). À ce sujet, Jeff Hoyt note que la taxe carbone, qui continuera d’augmenter pour atteindre 170 $ la tonne en 2030, et l’obligation de vendre des voitures et des camions légers à passagers zéro émission à partir de 2035 contribueront à réduire les émissions.

«D’ici là, le fait que nous soyons une province rurale continue de présenter des défis considérables», reconnait le fonctionnaire.

La production d’électricité représente quant à elle 22 % des émissions. Dans ce secteur, le développement de réacteurs nucléaires modulaires, le remplacement de la centrale à charbon de Belledune (au nord de la province) avant 2030 ou le projet de la Boucle atlantique qui permettrait à l’Est canadien de recevoir les surplus hydroélectriques du Québec et du Labrador seront déterminants.

Le gouvernement progressiste-conservateur de Blaine Higgs indique que 89 des 118 mesures figurant dans son plan de transition seront réalisées d’ici l’échéance, en mars 2022.

À lire aussi : Les petits réacteurs modulaires, l’avenir de l’énergie nucléaire?

Davantage de financement réclamé

Jeff Hoyt, directeur général Secrétariat des changements climatiques du Nouveau-Brunswick.

Capture d’écran - Acadie Nouvelle 

Parmi les réalisations du Nouveau-Brunswick, Jeff Hoyt cite l’élimination progressive du charbon d’ici à 2030, la création d’une infrastructure de recharge pour les véhicules électriques, le lancement d’un programme d’incitatifs, les projets de capture de gaz d’enfouissement menés par six centres de tri, les projets d’adaptation aux changements climatiques élaborés par la moitié des municipalités et la mise en place d’un système de tarification pour les grands émetteurs.

Sabine Dietz, directrice du centre CLIMAtlantic, qui a pour but d’aider la population de l’Atlantique à s’adapter aux changements climatiques, s’est adressée à son tour au Comité permanent. Elle a pressé les décideurs de consacrer davantage de fonds aux mesures d’adaptation aux évènements climatiques extrêmes.

«L’adaptation n’est pas aussi sexy que les voitures électriques, pas aussi sexy que les panneaux solaires, a-t-elle fait valoir. Il n’y a pas de victoire claire où nous pouvons dire que nous avons réduit les émissions de tant de tonnes. C’est donc une chose difficile à mesurer, mais nous savons que l’impact peut être grave», a-t-elle soutenu.

Marion Tétégan Simon, directrice de la recherche à l’Institut Valorēs, qui travaille en faveur du développement durable au Nouveau-Brunswick, a pour sa part souligné au Comité permanent le besoin d’accompagnement financier pour aider des districts de services locaux à mettre sur pied des projets d’adaptation et des initiatives de sensibilisation de la jeunesse à l’environnement.

Elle a aussi fait ressortir la nécessité d’une règlementation encadrant plus étroitement le développement dans les zones à risque.