le Dimanche 22 mai 2022
le Vendredi 21 janvier 2022 13:00 Art de vivre

Amélie Latour, une biathlète à l’avenir prometteur

Amélie Latour est dans son élément sur son terrain d’entraînement du Centre nordique de Canmore.  — Courtoisie
Amélie Latour est dans son élément sur son terrain d’entraînement du Centre nordique de Canmore.
Courtoisie
AURORE BORÉALE (Yukon) – Amélie Latour, jeune franco-yukonaise de 20 ans, a quitté le Yukon à l’été 2019 pour rejoindre l’Alberta, avec en tête un rêve olympique. À Calgary, elle a trouvé un programme qui lui permet de concilier son cursus universitaire en études des genres et de la sexualité avec ses entrainements de biathlon.

Le 16 novembre dernier, U Sports, une association encadrant les sports universitaires de premier niveau au Canada, annonçait la liste des membres de la délégation canadienne pour les Universiades de l’hiver 2021 de la Fédération internationale du sport universitaire.

Amélie Latour faisait partie des 102 étudiants-athlètes sélectionnés, mais les Universiades, initialement prévues pour janvier 2021 puis reportées à la période du 11 au 21 décembre 2021 à Lucerne en Suisse, ont finalement été annulées.

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La jeune biathlète se sentait prête à en découdre : «J’ai ressenti une grande peine quand j’ai su que je n’aurais pas l’opportunité de représenter le Canada dans une compétition internationale à cause de la pandémie. J’investis beaucoup de temps dans ma préparation et je fais beaucoup de compromis dans ma vie de jeune adulte pour atteindre mes buts. J’avais atteint un premier but, celui de me qualifier pour les jeux mondiaux universitaires. Ne pas avoir l’opportunité de courser est difficile pour la motivation et l’aspect mental du sport.»

Un mois après l’annonce de l’annulation des Jeux mondiaux universitaires d’hiver, Amélie Latour aborde sa saison 2021-2022 avec sérénité.

Mon entraineur et moi avons discuté et choisi d’autres courses auxquelles je pouvais participer dans les semaines à venir. Nous avons adapté mon plan d’entrainement pour que je sois prête pour ces prochaines compétitions.

— Amélie Latour, biathlète franco-yukonaise

À partir de janvier, elle enchainera une compétition toutes les deux semaines et achèvera sa saison avec les championnats nationaux.

Une passion transmise par ses parents

Du plus loin qu’elle se souvienne, Amélie Latour a toujours été sur des skis. Sa mère, Monique Lévesque, confirme que, dès l’âge de trois ans, sa fille skiait en famille, puis avec le programme des Boules de feu de l’école Émilie-Tremblay de Whitehorse. La jeune femme est entrée dans le monde de la compétition de ski de fond à l’âge de dix ans, pour ne plus vraiment le quitter. Depuis, elle s’est seulement adaptée à la pratique du biathlon.

En 2014, Amélie Latour découvre donc le biathlon. Elle combine cette discipline avec le ski de fond pendant une saison, puis décide de se consacrer uniquement à ce sport, qui allie précision (le tir) et endurance (le ski de fond).

«J’ai toujours aimé être dehors, j’ai toujours aimé faire de l’exercice, confie-t-elle. Le biathlon me garde en forme et me permet de rencontrer des personnes intéressantes, qui sont passionnées de plein air comme moi.»

Des compétitions en Alberta

En 2019, après avoir obtenu son diplôme d’études secondaires, elle déménage à Calgary afin de poursuivre sa carrière de biathlète au Centre nordique de Canmore, le centre national d’entrainement pour le biathlon. D’abord membre de l’équipe des Calgary Biathlon Racers, elle rejoint cette même année les Rocky Mountain Racers, un programme de biathlon de haute performance.

Sa saison 2021-2022 a commencé par trois courses de sélection pour les Universiades. Elle a ensuite participé à la Calforex Cup #1 les 20 et 21 novembre au Centre nordique de Canmore, avant de réduire ses heures d’entrainement pour se préparer à sa compétition de décembre, qui malheureusement été annulée.

Je devais laisser mon corps se reposer afin qu’il soit prêt pour les Universiades, raconte l’athlète. Le Centre nordique de Canmore se situe à la même altitude que Lucerne, mais je devais faire en sorte d’être affectée le moins possible par le décalage horaire. Finalement, pour cette compétition, c’était surtout une grande préparation mentale qui m’était nécessaire, car c’était la plus grande compétition à laquelle j’allais participer.

— Amélie Latour, biathlète franco-yukonaise

Une déception certaine pour cette jeune biathlète, qui toutefois reste positive. De retour au Yukon pour le temps des Fêtes, elle a pris le départ de la course Don Sumanik Memorial Race organisée par le Centre de ski nordique de Whitehorse.

C’est la première fois en six ans qu’elle participait à une compétition purement de ski de fond. «Ça a été le fun de faire une course à la maison, en fait, conclut-elle. Et comme dit tout le temps mon entraineur, une course, c’est une course, surtout pour la préparation mentale : le plus de course on fait, le moins stressé on est, car on devient habitué.»