le Mardi 17 mai 2022
le Jeudi 20 janvier 2022 13:00 Éducation

Petites cohortes à l’UOF : le recteur prône la patience

L’UOF est à l’œuvre pour recruter, à moyen terme, davantage d’étudiants à son établissement de la rue Lower Jarvis à Toronto.  — Emilie Pelletier_Archives Le Droit
L’UOF est à l’œuvre pour recruter, à moyen terme, davantage d’étudiants à son établissement de la rue Lower Jarvis à Toronto.
Emilie Pelletier_Archives Le Droit
Le Droit (Ontario) – En selle depuis six mois à titre de recteur de l’Université de l’Ontario français (UOF), Pierre Ouellette prône la patience pour attirer de plus grosses cohortes à l’établissement postsecondaire «par et pour» les francophones.

«Il faut donner le temps à l’UOF de bâtir une tradition universitaire en français dans le centre et le sud-ouest de l’Ontario. Et l’accomplir, ce n’est pas une affaire de trois mois. Ce n’est pas une affaire de trois ans. C’est une affaire qui peut prendre une demie à une génération. Il faut être patient», a-t-il affirmé lors d’un entretien virtuel avec le directeur général de L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Peter Hominuk, le 11 janvier, dans le cadre de l’émission Sous les projecteurs.

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Il y a presque un an, jour pour jour, seulement 19 élèves ontariens s’étaient inscrits pour la rentrée inaugurale de l’automne dernier. L’ajout de 26 demandes d’admission en provenance de l’étranger a permis de se rapprocher timidement de la cible de 200 inscriptions. Environ un mois du début des cours, on comptait désormais 117 étudiants inscrits à temps plein, dont la majorité provenait de l’extérieur de l’Ontario français. Cette réalité a apporté une pluie de critiques, malgré l’appui indéfectible d’organismes franco-ontariens, dont l’AFO.

L’une des erreurs effectuées, et ce n’est pas ma place de critiquer le travail d’autres gestionnaires de l’UOF dans le passé, c’est que nous avons établi des cibles. Quand elles n’ont pas été atteintes, certaines personnes en ont profité pour critiquer l’université.

— Pierre Ouellette, recteur de l’Université de l’Ontario français

«Cette année, en 2021-2022, nous prévoyons encore accueillir jusqu’à 150 étudiants, a-t-il néanmoins indiqué. On pense potentiellement s’y rendre avec la session d’été. Nous continuons de penser que c’est un excellent résultat.»

Le directeur général de L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Peter Hominuk (haut) et le recteur de l’Université de l’Ontario français, Pierre Ouellette (bas) lors d’un entretien virtuel, le 11 janvier, dans le cadre de l’émission Sous les projecteurs.

Capture d'écran

Recrutement et programmes

L’UOF est à l’œuvre pour recruter davantage d’élèves dans son enceinte de la rue Lower Jarvis, à Toronto, à court et moyen termes.

«Nous commencerons, pour la première fois en début 2022, à effectuer des présentations à des élèves de 10e et 11e années, souligne-t-il. C’est ainsi que nous allons bâtir l’UOF au fil des années.»

Pierre Ouellette avance également que de nouveaux programmes doivent voir le jour pour attirer un plus grand nombre d’étudiants. Déjà, un baccalauréat en éducation doit voir le jour en septembre. D’autres domaines seront étudiés. À l’heure actuelle, l’UOF offre quatre concentrations d’études.

Malgré l’ampleur des cohortes, le recteur a tenu à mentionner quelques premiers succès depuis le début de l’année scolaire. Il a notamment signalé l’inauguration de l’université, la création d’un sénat universitaire et la construction actuelle d’un nouveau carrefour de l’innovation et de l’apprentissage.

«Il faut regarder le travail de l’UOF. Soyez patients», répète-t-il.

D’ailleurs, le recteur croit qu’on se doit de regarder la situation dans son ensemble.

Il faut se détacher de l’urgence pour aller vers l’importance. Quand nous déclenchons une nouvelle institution, très rapidement au début nous sommes confrontés à des urgences. Il faut réagir rapidement. Il faut essayer de répondre aux bonnes urgences, mais il faut aussi se garder de l’énergie sur les éléments plus importants à long terme.

— Pierre Ouellette

L’importance de l’UOF

M. Ouellette martèle également l’importance de la présence de l’UOF pour répondre aux besoins futurs du marché du travail en Ontario français.

«L’UOF a préparé une étude sur les besoins en matière de diplômés francophones pouvant travailler dans les deux langues dans le centre et sud-ouest de l’Ontario. On évalue qu’il y aura plus de 100 000 postes d’ici 2030 qui seront disponibles. Et si on soustrait les personnes qui partiront à la retraite, il y aura 180 000 postes à combler. C’est énorme. Le besoin est là.»

Il ajoute que le renouvèlement de la Loi sur les services en français et son concept de l’offre active ne peut qu’inciter l’UOF à former encore davantage de travailleurs francophones pour l’avenir.

«Si on se projette dans le futur, je pense que la place du français est importante. En fait, pour moi, c’est viscéral.»

M. Ouellette est conscient des obstacles de cette première année de l’UOF. Cependant, il reste optimiste.

«L’UOF est née dans la controverse et la controverse continue de nous suivre. Nous sommes en train d’établir une université sur le long terme.»