le Lundi 27 juin 2022
le Jeudi 16 Décembre 2021 7:30 | mis à jour le 16 Décembre 2021 8:22 Francophonie

Groupe Média TFO : plus de deux ans sans direction générale

Depuis le départ de Glenn O'Farrel du Groupe Média TFO, le gouvernement de l'Ontario n'a toujours pas nommé de successeur.  — Joseph Redfield - Pexels
Depuis le départ de Glenn O'Farrel du Groupe Média TFO, le gouvernement de l'Ontario n'a toujours pas nommé de successeur.
Joseph Redfield - Pexels
IJL – LE DROIT - Le diffuseur public franco-ontarien, Groupe Média TFO, n’a pas de direction générale depuis plus de deux ans.

«Il est grand temps qu’une nomination se fasse», juge le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, dont le vœu de Noël serait d’apprendre du gouvernement ontarien qu’il a enfin choisi quelqu’un pour occuper le poste de directeur général chez TFO.

Celui-ci affirme avoir eu une conversation avec le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, à la mi-novembre, durant laquelle M. Lecce lui aurait affirmé qu’une nomination était imminente.

«Bientôt, très bientôt», se serait contenté de dire le ministre de l’Éducation, lui qui a la tutelle de ce dossier, étant donné que TFO a un mandat public d’éducation de la communauté franco-ontarienne.

Or, cette affirmation pourrait être infondée, la décision du gouvernement Ford étant toujours coincée dans l’engrenage bureaucratique.

Questionné par Le Droit, le bureau du ministre Lecce a refusé de fournir tant une date qu’un nom pour cette future nomination.

Expérience demandée

La Guilde canadienne des médias (CGM) plaide, depuis le départ de Glenn O’Farrell en aout 2019, pour des candidatures provenant de l’extérieur et axées sur l’expérience.

En 2019 et en 2020, la CGM avait même insisté sur l’importance d’une nomination qui ne reproduise pas les erreurs du passé, selon ONFR+, la plateforme numérique du Groupe Média TFO.

Sous le règne de M. O’Farrell, plusieurs avaient déploré des compressions budgétaires menées en 2018, et espéraient des changements au sein du Groupe.

Climat toxique

Ainsi, personne n’a occupé le poste de directeur général du Groupe depuis plus de deux ans.

Certes, certains y ont siégé à titre intérimaire.

Comme Éric Minoli, embauché en 2019 pour occuper le double rôle de directeur général des opérations et de président par intérim, et placé en retrait administratif, en mai 2021, à la suite de graves allégations à son égard, révélées par Radio-Canada.

Atmosphère plus saine

Depuis le départ forcé d’Éric Minoli, c’est la trésorière Michelle Séguin qui occupe le poste de PDG par intérim.

À son arrivée en poste, elle avait encouragé les employés à porter plainte contre les agissements présumés d’Éric Minoli, alors accusé de harcèlement et d’être responsable d’un climat toxique.

Les choses se passent «très très bien» depuis que Mme Séguin a pris les rênes du fleuron franco-ontarien, juge un membre de la CGM rejoint par Le Droit.

Selon le syndicat, Michelle Séguin aurait réussi à ramener une atmosphère plus saine au sein du Groupe.

Carol Jolin dit en avoir eu les mêmes échos, et affirme que Mme Séguin a assaini le climat dans la boite, mais il croit tout de même que le temps commence à presser.

«C’est quand même un intérim, et cette personne n’est pas là pour donner une vision et pour lancer de nouvelles orientations.»

— Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario

Carol Jolin soutient que «deux ans, c’est trop», surtout en pleine pandémie, mais qu’il est nécessaire de s’assurer que le choix du ministère de l’Éducation en soit un qui réponde à ses recommandations.

«On a participé à la consultation […]. On voulait quelqu’un qui a de la crédibilité au sein de la communauté francophone, quelqu’un de rassembleur, qui soit en mesure de compléter l’important virage amorcé par l’organisme, et que la personne nommée soit là pour s’y aligner.»

«Nous nous efforçons de nommer un leadeur, un défenseur et un défenseur de principe de la langue, de l’identité, de la culture et de l’histoire françaises — une pierre angulaire de l’existence de TFO, a fait savoir au Droit l’attachée de presse du ministre de l’Éducation, Caitlin Clark. Notre gouvernement continue d’investir des niveaux records dans l’éducation en français, afin de répondre aux besoins de la communauté francophone grandissante de l’Ontario».