le Mardi 7 Décembre 2021
le Vendredi 12 novembre 2021 13:22 Arts et culture

Deux Sudburoises en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général

Chloé LaDuchesse et Rebecca Salazar représenteront toutes deux à leur façon le Grand Sudbury dans le cadre des Prix littéraires du Gouverneur général. Leurs recueils sont en nomination dans la catégorie «Poésie» – en français pour Chloé et en anglais pour Rebecca. — Bennet Malcolmson/Courtoisie/Montage Le Voyageur
LE VOYAGEUR (Ontario) – Chloé LaDuchesse et Rebecca Salazar représenteront toutes deux à leur façon le Grand Sudbury dans le cadre des Prix littéraires du Gouverneur général. Leurs recueils sont en nomination dans la catégorie «Poésie» – en français pour Chloé et en anglais pour Rebecca.

Le deuxième recueil de poésie de Chloé LaDuchesse, Exosquelette, publié aux éditions Mémoire d’encrier, lui vaut l’honneur de faire partie du groupe sélect. On ne l’avait pas prévenue à l’avance : «Je l’ai su le matin même en recevant plein de messages de gens qui se lèvent plus tôt que moi!»

L’ex-poète officielle du Grand Sudbury accepte l’honneur avec humilité et donne surtout le crédit aux hasards de la vie. «Il se publie énormément de très bons livres au Canada français, incluant le Québec, donc d’être sur une courte liste de cinq ouvrages parmi les meilleurs, c’est un honneur, mais ça aurait pu être n’importe qui! Les lecteurs sont des humains avec les préférences et leurs sensibilités. Ça aurait pu ne pas arriver et ça n’aurait rien enlevé à mon livre, mais tant mieux.»

Courtoisie Mémoire d’encrier

«Il se publie énormément de très bons livres au Canada français, incluant le Québec, donc d’être sur une courte liste de cinq ouvrages parmi les meilleurs, c’est un honneur, mais ça aurait pu être n’importe qui! Les lecteurs sont humains, avec les préférences et leurs sensibilités. Ça aurait pu ne pas arriver et ça n’aurait rien enlevé à mon livre, mais tant mieux.»

Le recueil de poésie parle beaucoup d’identité et de relation avec l’autre, de la relation avec le territoire que l’on occupe – dans ce cas-ci Sudbury. «Ça parle de ce que c’est d’être une femme dans l’espace public et de se construire comme femme.» Le questionnement déborde aussi sur la forme même des poèmes.

Chloé LaDuchesse travaille en ce moment sur la réécriture de son premier roman. Elle a aussi participé à un épisode du balado Le Mot Bruit, qui jumèle un·e auteur·trice et un·e musicien·ne, et qui a été lancé au Salon du livre de Rimouski.

Consultez le site du journal Le Voyageur

Hantée par Sudbury

Rebecca Salazar a grandi à Sudbury et est diplômée du Collège Notre-Dame (2009) et de l’Université Laurentienne (2013) en littérature et en philosophie.

Elle a poursuivi ses études au Nouveau-Brunswick (territoire du peuple Wolastoq) avec une maitrise et un doctorat — terminé cet été — en écriture créative. «Ces études m’ont donné l’immense privilège de m’occuper de mon écriture à temps plein pour plusieurs années et de travailler comme éditrice de poésie au sein de plusieurs journaux littéraires», écrit-elle au Voyageur. Elle est maintenant la nouvelle agente de programme pour le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick (ArtsNB).

Comme Chloé, elle n’avait pas été prévenue et a appris la nouvelle avec «un étonnement qui manquait de sommeil et qui doutait de ce que je lisais! […] J’avais peu de contexte pour une telle surprise».

Elle sait maintenant que ce n’est pas un rêve, mais reste étonnée de la nomination. Elle garde surtout de «l’humilité d’être nominée en excellente compagnie. Plusieurs [des nommés] sont des auteures que j’admire depuis longtemps».

Même s’il a été écrit plusieurs années après son départ de Sudbury, le recueil de poésie Sulphurtongue de Rebecca Salazar (McClelland & Stewart/Penguin Random House Canada) parle de la ville où sa famille colombienne a immigré. «Sudbury est un sujet qui me hante!»

Un cratère de météore transformé en ville ; un palimpseste d’histoire de violence coloniale et de pollution minière. Cet endroit et ces traces physiques — et chimiques — restent toujours dans mon corps. Je me préoccupe depuis longtemps de la question de comment aimer un endroit qui vous rend littéralement malade, d’un endroit rendu toxique par la destruction d’histoires et d’écosystèmes, mais qui me compose et qui continue de survivre à travers ces enjeux», élabore-t-elle.

Les Éditions Prise de parole ont annoncé la semaine dernière avoir acquis les droits de traduction vers le français de Sulphurtongue.

Rebecca Salazar a écrit dans le journal étudiant produit par Le Voyageur, Tapage, de 2008 à 2010. Elle a entre autres remporté le prix le plus important, le Prix de l’éditeur, en 2008 et 2009. Chloé LaDuchesse a aussi été critique de pièce de théâtre pour Le Voyageur.

Courtoisie McClelland & Stewart/ Penguin Random House Canada

Les Prix littéraires du Gouverneur général 2021 ont d’autres liens avec le Nord de l’Ontario francophone. L’autrice originaire de la région Sonia-Sophie Courdeau était l’une des juges de la catégorie «Poésie». L’auteur sudburois Melchior Mbonimpa était juge dans la catégorie «Essais».

Les gagnants seront dévoilés le 17 novembre sur le site des Prix.