le Mercredi 8 Décembre 2021
le Mardi 26 octobre 2021 11:32 Francophonie

L’ACFA étudiera sa structure pour mieux desservir les Franco-Albertains

Le terme «efficacité» sera au cœur de la réflexion qu’entreprendra l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) dans les mois à venir. — Alicia Paydli – Unsplash
FRANCOPRESSE – Le terme «efficacité» sera au cœur de la réflexion qu’entreprendra l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) dans les mois à venir. À l’issue de son congrès annuel 2021, qui a eu lieu au mois d'octobre, l’organisme a obtenu l’appui de la communauté pour se pencher sur sa structure de gouvernance afin de mieux desservir la francophonie albertaine.

Dans sa structure actuelle, l’ACFA vise d’une part à assurer une vitalité communautaire en français en Alberta et d’autre part à défendre les dossiers politiques qui touchent les francophones de la province. Ces missions sont divisées entre le Secrétariat provincial de l’association et ses 14 points de service situés partout dans la province.

«C’est un bon modèle qui a fonctionné pendant des années, précise la directrice générale de l’organisme, Isabelle Laurin. Mais à un moment donné, tu te dis que pour être plus efficient, pour être plus pertinent, il y a peut-être d’autres façons de mener les choses.»

L’un des objectifs de la restructuration est de permettre au Secrétariat provincial de se concentrer davantage sur les enjeux politiques et juridiques, tandis que les ACFA régionales pourront se concentrer sur l’animation de la vie communautaire en français.

Courtoisie

Des enjeux qui se complexifient

En 2019, le conseil d’administration avait établi la révision de la structure de gouvernance comme l’un de ses enjeux prioritaires. L’une des premières étapes de réflexion a eu lieu avec les membres de l’organisme lors de l’atelier «En route vers 2026 : l’ACFA une association plus pertinente que jamais» lors du congrès de la mi-octobre.

Selon la directrice générale, 100 % des participants à l’atelier ont appuyé la démarche de révision.

Isabelle Laurin note que les francophones s’engagent et sont prêts à donner du temps pour organiser des activités sociales et culturelles dans leurs communautés, mais que lorsque vient le temps de travailler à la défense de dossiers plus complexes, l’organisme a plus de difficultés à recruter des bénévoles.

Parmi ces dossiers, elle cite en exemple les défis imposés par la pandémie et la lutte à la préservation de l’autonomie du Campus Saint-Jean.

Je pense que l’année pandémique a fait émerger beaucoup d’enjeux de ressources humaines, des enjeux de finances, des enjeux juridiques et des enjeux de gouvernance. Mais jamais les enjeux ne viennent de la programmation. Les enjeux sont toujours sur des éléments qui se sont peut-être complexifiés au fil des ans et où il y a un encadrement législatif plus important.

— Isabelle Laurin, directrice générale de l’ACFA

Une francophonie en pleine croissance

Dans un rapport de 2017, Statistique Canada estimait que jusqu’à 2036, «la croissance des [francophones] serait la plus élevée en Alberta et dans les territoires avec un taux de croissance pouvant se situer entre 25 % et plus de 50 % selon le scénario de référence».

Selon le gouvernement de l’Alberta, environ 7 % des Albertains parlent le français et 2 % l’ont comme langue maternelle. Entre 2006 et 2016, la population de langue maternelle française de la province a augmenté de 27 %.

Gouvernement de l’Alberta – Capture d’écran Francopresse

Selon Isabelle Laurin, l’analyse de ces prévisions est d’une importance capitale dans l’exercice de révision structurelle de l’ACFA, afin de leur permettre de développer des approches plus stratégiques pour l’avenir.

«Après le recensement de 2006, explique la directrice générale, on avait fait une grosse étude démographique […] Une des choses qui m’avait marquée dans cette étude-là, c’est qu’on avait au moins 65 municipalités où il y avait au moins 100 francophones. Ça peut représenter 25 familles de quatre. Ça veut dire peut-être 50 enfants. Ça veut dire une masse critique pour une école! Ces groupes-là, il faut être capable d’aller les rejoindre, de les desservir et de leur offrir une certaine vitalité communautaire.»

Selon le gouvernement de l’Alberta, 25 % des Franco-Albertains proviennent de la province elle-même, 50 % d’ailleurs au Canada et 25 % d’ailleurs dans le monde. Isabelle Laurin souligne que «d’un point de vue économique, c’est toujours une province qui a beaucoup attiré les gens. On a un gros travail au niveau de l’intégration et de l’inclusion de toutes les parties prenantes de la francophonie».

Elle ajoute qu’«un autre élément qui est très fort chez nous, c’est l’immersion française. Il faut donc faire une place à ces gens-là!»

On a deux fois plus d’Albertains qui font le choix du français que d’Albertains dont le français est la langue maternelle. C’est une masse assez importante à intégrer au sein de nos communautés. Il faut trouver des mécanismes pour les amener plus près de la communauté francophone.

— Isabelle Laurin, directrice générale de l’ACFA

En route vers le centenaire

Cette année, l’ACFA célèbre son 95e anniversaire. L’objectif de l’association est d’avoir une nouvelle structure en place et opérationnelle au moment où l’organisme soulignera son 100e anniversaire en 2026.

Isabelle Laurin se sent motivée d’entreprendre ce projet de restructuration.

«Nous autres, ça nous enthousiasme vraiment de voir que les gens sont prêts à ce qu’on s’autoévalue, qu’on réfléchisse aux meilleures pratiques. Je pense que c’est super stimulant pour notre équipe, de dire qu’on met les citoyens et citoyennes d’expression française au cœur de la réflexion et de vouloir bien les desservir. Je trouve que c’est une belle preuve de maturité de la communauté», se réjouit-elle.

L’organisme s’attend à pouvoir présenter un nouveau projet de structure de gouvernance lors de sa prochaine assemblée générale annuelle, en 2022.