le Mardi 7 Décembre 2021
le Lundi 18 octobre 2021 12:04 Politique

La Fransaskoisie en danger selon ses élus

La crainte d’un désengagement des membres de la communauté francophone est partagée de façon unanime par les différentes présidences des associations présentes à la Table des élus fransaskois. — Daniel Paquet – Archives Francopresse
IJL L’EAU VIVE (Saskatchewan) – Le 9 octobre, sous la modération de Francine Proulx-Kenzle, les 23 participants à la 42e rencontre de la Table des élus fransaskois ont partagé leurs préoccupations. D’après eux, la pandémie fait peser un poids énorme sur les épaules des organismes communautaires, qui doivent jongler entre annulation d’activités, mise en place de nouvelles politiques et stress des changements, créant au passage un climat de tensions néfaste.

La crainte d’un désengagement des membres de la communauté francophone est partagée de façon unanime par les différentes présidences des associations présentes à la Table des élus fransaskois.

Pour Bertrand Giroux, président de la Fédération des francophones de Saskatoon (FFS), le peu de regroupements en personne dans la fransaskoisie n’est pas seulement dû aux restrictions sanitaires, mais aussi à cause d’un manque de participation.

Capture d’écran – L’Eau vive

«Les évènements sont annulés, car ils manquent de participants et c’est encore plus difficile depuis la COVID-19. Nous craignons de perdre l’engagement de la communauté francophone pour nos activités», alerte-t-il.

Casse-tête pour les organismes

De son côté, la présidente de l’Association communautaire fransaskoise de la Trinité (ACFT), Diane Lepage, se dit préoccupée par les frustrations que provoquent les restrictions sanitaires, nuisibles à la cohésion sociale dans sa région.

Nous voudrions trouver des manières de nous réorienter et de pouvoir inclure tout le monde, car c’est notre mandat. Nous essayons même d’inviter les anglophones à nos activités. Les restrictions nous nuisent beaucoup et on doit se pencher sur l’organisation d’évènements qui respectent les restrictions tout en n’excluant personne.

— Diane Lepage, présidente de l’Association communautaire fransaskoise de la Trinité

Quant à elle, la députée communautaire de Bellevue, Rachelle Deault, est très inquiète de la situation dans son coin de la province. «Notre direction nous a quittés pour Edmonton, notre restaurant est fermé et notre centre communautaire aussi. Rien ne se passe et nous vivons avec beaucoup de défis», déplore-t-elle.

Le dynamisme de cette petite communauté située au nord-est de Saskatoon repose essentiellement sur les activités de l’église paroissiale.

«Nous avons une cinquantaine de personnes qui viennent à l’église, les restrictions sont respectées et tout le monde est respectueux. Nous gardons la foi et c’est important pour nous dans ces moments difficiles», témoigne la porte-parole.

Capture d’écran – L’Eau vive

Une inquiétude généralisée

Annie Audet, députée communautaire de Regina, affirme que la nouvelle direction de l’Association canadienne-française de Régina (ACFR) ne reçoit pas l’appui qu’elle recevrait en temps normal. «J’ai peur pour Regina», a-t-elle ainsi exprimé à la Table des élus.

«Il manque énormément de personnel et les gens ne participent presque plus aux activités. Les personnes qui ont le plus de temps à offrir sont les gens plus âgés et à la retraite», ajoute-t-elle.

Lisette Marchildon, également députée communautaire de Regina, a par ailleurs précisé que la location des locaux aux organismes fransaskois dans la capitale continuera tout en demandant à ces derniers de respecter les règles sanitaires.

Capture d’écran – L’Eau vive

«Ce qui nous préoccupe le plus, c’est que nous n’avons pas beaucoup de ressources humaines», a exposé à son tour Sylvie Niyongere, présidente de la Communauté des Africains francophones de la Saskatchewan (CAFS).

Et d’ajouter : «Le travail retombe presque toujours sur les épaules des administrateurs, car il y a un manque d’implication des membres, principalement à cause de la COVID-19.» La présidente indique qu’elle commencera sous peu à contacter personnellement les adhérents afin de leur demander de l’aide.

Capture d’écran – L’Eau vive

La générosité au rendez-vous

Sur une note plus positive, un total de 59 700 $ a été offert en bourses et subventions par la Fondation fransaskoise dans la dernière année. «Nous avons offert 52 bourses pour les finissants du secondaire et 10 bourses totalisant 25 000 $ pour les postsecondaires», a précisé Clément Dion, vice-président de la fondation.  

Des aides financières qui sont les bienvenues d’après le président de la FFS : «Nous voyons une grande différence chez les jeunes. Ils utilisent bien les bourses et on voit l’impact positif de cette bourse de 200 $ pour les jeunes Fransaskois.»

Capture d’écran – L’Eau vive

La fondation détient présentement 2,5 M$ d’actifs et espère doubler ce montant afin d’aider la communauté. Clément Dion a aussi mentionné que la grande générosité des membres de la communauté a aidé à maintenir la fondation en bonne santé financière.

Engouement pour les activités en ligne 

Pour sa part, Kassandra Hipkins, présidente de l’Association jeunesse fransaskoise (AJF), a indiqué que son organisme se portait bien malgré la pandémie : «On a eu beaucoup de succès pour les activités en ligne, ce qui est assez surprenant. Nous voulons continuer ces activités, c’est la manière la plus sécuritaire de se rassembler en ce moment.»

L’AJF indique malgré tout vouloir organiser le Parlement jeunesse en personne. «Je suis une personne positive, donc je suis certaine que tout va bien aller. On a un nouveau conseil d’administration et j’ai hâte de travailler avec eux», a ponctué la jeune femme.

La rencontre s’est conclue par une discussion sur le recrutement et la rétention du personnel dans la communauté dans un contexte de pénurie de ressources humaines.