le Samedi 10 Décembre 2022
le Mardi 17 novembre 2020 14:47 | mis à jour le 18 août 2022 11:40 Actualité

«Des écoles francophones inclusives pour l’ensemble de la communauté»

Vincent Bouchard est professeur de mathématiques à l’Université de l’Alberta. Passionné d’éducation, il est aussi père de deux enfants à l’école Gabrielle-Roy. — Courtoisie
Vincent Bouchard est professeur de mathématiques à l’Université de l’Alberta. Passionné d’éducation, il est aussi père de deux enfants à l’école Gabrielle-Roy.
Courtoisie
LE FRANCO (Alberta) – Ces pages sont les vôtres. Le Franco encourage ses lecteurs à prendre la parole pour exprimer leurs opinions. Cette semaine, Vincent Bouchard, Marc-André Parisien et Maryse Trudel, parents d’élèves scolarisés au Conseil scolaire Centre-Nord, proposent une nouvelle avenue unificatrice pour les écoles francophones en Alberta : transformer les écoles en écoles inclusives pour l’ensemble de la communauté francophone, dans le respect des droits et religions de chacun.
«Des écoles francophones inclusives pour l’ensemble de la communauté»
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Et si la communauté francophone d’Edmonton s’unissait dans sa diversité? Pourquoi pas? C’est ce désir d’inclusion et de partage qui nous mène à proposer de grands changements au Conseil Scolaire Centre-Nord (CSCN). L’unité, le respect des différences, l’appartenance à la communauté, ça se développe d’abord dans les écoles. Notre vision : un système d’éducation francophone inclusif célébrant la diversité, dans le but d’unir la communauté francophone pour que l’on travaille tous ensemble vers l’obtention de la parité entre l’éducation francophone et anglophone en Alberta.

Le récent jugement de la Cour Suprême du Canada établit de façon définitive ce droit à la parité : nous devons travailler ensemble pour qu’il soit respecté. Mais avant de foncer tête baissée, prenons le temps de nous regarder dans le miroir. Est-ce que nous utilisons vraiment nos ressources de façon efficace dans notre système d’éducation francophone? Pouvons-nous faire mieux, pour le bien de nos enfants?

Courtoisie

Une dichotomie contreproductive

En tant que minorité, diviser notre communauté en branches publiques et confessionnelles est contreproductif, autant du point de vue financier que sociologique.

Financièrement, diviser nos écoles implique un dédoublement des couts et une distribution des ressources sous-optimale. De plus, les écoles publiques du CSCN sont généralement sous-financées par rapport aux écoles catholiques. L’exemple des écoles secondaires dans le quartier francophone d’Edmonton est flagrant. L’école Michaëlle-Jean (7-12), la seule école secondaire publique à Edmonton, est actuellement dans un vieil édifice loué de Edmonton Catholic Schools.

La communauté scolaire et le personnel de cette école font un travail remarquable pour offrir une éducation de grande qualité, mais l’infrastructure est tout simplement inadéquate. Dans le même secteur, il y a deux écoles secondaires catholiques, soit Joseph-Moreau (7-9), dans un édifice flambant neuf, et Maurice-Lavallée (10-12), qui a une infrastructure bien adéquate. 

Selon les données que nous possédons, l’école Maurice-Lavallée est utilisée à 34 % de sa capacité et l’école Joseph-Moreau à 65 %. 

Combinées, ces deux écoles pourraient encore accueillir 675 élèves. Ne s’agit-il pas d’une perte de ressources inacceptable et difficile à justifier? Nous pouvons certainement faire mieux.

— Maryse Trudel, Vincent Bouchard et Marc-André Parisien

Du point de vue sociologique, rassembler notre communauté la rendrait plus forte et plus vibrante. Celle-ci est très diversifiée : des gens de partout se retrouvent à travers la Francophonie albertaine. Son histoire est riche et multiculturelle, des premiers colons canadiens-français aux nouveaux immigrants. 

Malheureusement, la dichotomie de notre système d’éducation ne semble pas célébrer cette diversité : elle accentue la division de la communauté francophone selon les cultures et croyances. Cette séparation mène aussi parfois à des situations absurdes : des voisins francophones qui se connaissent à peine, parce que leurs enfants vont à des écoles francophones différentes.

Courtoisie

Une réalité (mal) cachée

Derrière cette dichotomie se cache aussi un non-dit : un grand nombre d’élèves dans les écoles confessionnelles du CSCN ne sont en fait pas catholiques. Selon les données de 2015, 45 % des élèves dans les écoles catholiques du CSCN ne sont pas baptisés, et 69 % n’ont pas fait la première communion. Plusieurs parents envoient leurs enfants dans les écoles catholiques, non pas à cause de la religion, mais pour des raisons d’infrastructure, de services ou de proximité. D’ailleurs, les écoles catholiques du CSCN permettent aussi aux élèves d’être exemptés des cours de religion, même s’il existe des écoles publiques dans la même région scolaire.

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