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Publié le vendredi 30 juillet 2010
par Mélanie Morin
De plus en plus de voix s’élèvent contre la décision du ministre de l’Industrie, Tony Clement, de ne plus rendre obligatoire le long formulaire du recensement canadien et de le remplacer par un questionnaire volontaire.
La version longue du recensement était envoyée, au hasard, à un cinquième de la population canadienne qui était dans l’obligation d’y répondre sous peine de sanctions. Avec la nouvelle façon de faire, un tiers des Canadiens recevra le nouveau questionnaire, mais chacun pourra choisir de le remplir ou non. Les partis de l’opposition ont vite décrié cette décision du Parti conservateur. Pour le chef libéral, Michael Ignatieff, il est inacceptable de « suggérer qu'une institution indépendante fédérale va endommager la liberté privée des individus. Statistique Canada, au contraire, a une réputation mondiale pour protéger l'information personnelle des individus. Il n'y a aucun risque du côté des libertés individuelles. C'est un manque de confiance du gouvernement envers une institution fédérale ». Quant aux bloquistes, ceux-ci croient que cette décision est idéologique et que l’objectif est de recueillir le moins de renseignements possible afin de pouvoir remettre en cause les études de Statistique Canada. Au sein de Statistique Canada également, la décision est controversée et a même mené à la démission de son directeur, Munir Sheikh. Celui-ci a publiquement pris position dans le dossier en affirmant : « j'aimerais profiter de l'occasion pour faire un commentaire sur un aspect technique d'ordre statistique qui est devenu sujet de discussion dans les médias. Cela est relatif à la question si une enquête volontaire peut remplacer un recensement obligatoire. Elle ne le peut pas ». Les francophones mécontents Le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, s’est dit lui aussi préoccupé par le changement, notamment pour les répercussions qu’elle pourrait avoir sur les communautés de langue officielle. « Lorsque vient le temps de prendre une décision sur l’offre de services dans les deux langues officielles et l’évaluation de la taille des communautés de langue officielle, tant l’information sur la langue maternelle, que la langue parlée à la maison et que la connaissance des deux langues officielles est pertinente », a signalé M. Fraser. D’ailleurs, celui-ci a commencé à recevoir des plaintes sur la question. Déjà, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) en a déposé une car elle estime que cette décision pourrait avoir un impact sérieux sur les communautés qu’elle représente. «À l’heure actuelle, la désignation linguistique des bureaux fédéraux, en vertu de la Loi sur les langues officielles, repose entièrement sur les données obtenues dans les réponses au questionnaire long. Éliminer l’obligation de répondre à ce questionnaire porterait sérieusement atteinte à la capacité du gouvernement de s’acquitter pleinement de ses obligations en vertu de la Loi», rapporte la présidente de la FCFA, Marie-France Kenny. « D’autre part, on n’a pas consulté les communautés avant de prendre cette décision. Or, en vertu de la Partie VII de la Loi sur les langues officielles, le gouvernement a l’obligation de consulter les communautés de langues officielles lorsqu’il prend des décisions qui les touchent directement », poursuit-elle. En Alberta, une première plainte a aussi été déposée. L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) appuie ainsi la position de la FCFA. « L’élimination du questionnaire long va influencer négativement les données sur les francophones au Canada », croit fermement la présidente de l’ACFA, Dolorèse Nolette qui est convaincue que la majorité des gens ne se donnera pas la peine de répondre si ce n’est pas obligatoire. La présidente rappelle que l’ancien formulaire long comportait trois questions sur le français alors que le court n’en a qu’une seule en rapport avec la langue maternelle. « Je pense entre autres aux nouveaux arrivants. Ceux-ci n’ont pas nécessairement le français comme langue maternelle, mais le parle parfaitement et l’utilisent sur une base régulière, voir quotidienne. Avec la version courte, jamais nous ne pourrons le savoir et cela faussera donc inévitablement les chiffres », déplore-t-elle. Il faut donc, toujours selon Mme Nolette, que la francophonie canadienne y aille d’un effort concerté afin d’influencer le gouvernement. Elle invite aussi les francophones à signer la pétition virtuelle qui circule présentement sur Internet au www.gopetition.com/petitions/keep-the-canadian-census-long-form/sigh.html. Pour lire le journal au complet, abonnez-vous à la version électronique du Franco en cliquant ici
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