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Publié le jeudi 11 mars 2010
Les jeunes francophones en situation minoritaire utilisent plus le français que les aînés
Bianca Paquette
OTTAWA – Une étude démontre que les jeunes francophones hors Québec âgés entre 0 et 14 ans ont plus tendance à utiliser le français que les aînés de 65 ans et plus.
D'après les statistiques présentées par Ronald Bisson, spécialiste des minorités linguistiques et consultant en gestion auprès des organismes provinciaux et nationaux, 86% des jeunes de la minorité francophone de la région d'Ottawa seulement utilisent leur langue maternelle, le français, avant l'anglais. Ces chiffres grimpent jusqu'à 89% en Saskatchewan et 90% au Manitoba. « Ces chiffres ne sont certainement pas le hasard, mais bien le résultat d'une planification communautaire réussie, explique M. Bisson. Il y a beaucoup de développement pour la cause des minorités francophones depuis 40 ans et on voit que ça marche. » Les plans de développement globaux (PDG) et les plans communautaires sont de plus en plus utilisés en raison de leurs grands succès dans les années passées. Plusieurs organismes, entreprises et même communautés qui défendent les droits de la minorité francophone ont recours à ce genre d'outils pour se prendre en charge. « Les plans de développement globaux ont grandement contribué à l'amélioration du cadre des politiques publiques. Nous devons évaluer les PGD en fonction de leur influence sur la politique publique et moins en fonction de leur influence sur des initiatives locales », indique M. Bisson. Selon le spécialiste des minorités linguistiques, les communautés minoritaires francophones ou anglophones doivent changer de paradigme. « Depuis 1968, on planifie pour combler des déficits. Si la majorité a quelque chose, la minorité va s'arranger pour l'avoir. » Pour de meilleurs résultats avec les PDG, les communautés majoritaires et minoritaires doivent travailler ensemble avec une approche collective. Il s'agit d'un changement de mentalité, selon M. Bisson. « Des planifications fondées sur la dualité linguistique canadienne contribuent à l'épanouissement du Canada entier. » Plusieurs PGD ont réussi au Canada au cours des dernières années. Fondé en 1995 à l'Île-du-Prince-Édouard, le Collège de l'Acadie avait par exemple vu, en 2006, 141 femmes et 34 hommes recevoir un diplôme. D’autre part, de 1991 à 2006, les femmes francophones de la région d'Évangéline ont vu leur salaire doubler. Enfin, de 2003 à 2008, 1908 emplois en français ou bilingues ont été crée dans l'Ouest canadien. Implantation de la Charte des droits et libertés Pour M. Bisson, la situation des minorités francophones ne serait pas là où elle est aujourd'hui sans l'application de la Loi sur les langues officielles et l'instauration de la Charte canadienne des droits et libertés. « Ces deux choses sont certainement les clés de voûte de la situation des francophones », déclare-t-il. Le 17 avril 1982, à la suite de la Loi constitutionnelle de 1982, on appliquait la Charte canadienne des droits et libertés. À partir de ce moment, les francophones vivant en situation minoritaire ont reçu plusieurs droits en tant que citoyens canadiens, tout comme la minorité anglophone du Québec. L'article 23 de la Charte garantit aux minorités de langue officielle le droit de recevoir l'instruction dans leur langue et l'article 16(3) encourage les législatures provinciales à favoriser la progression vers l'égalité de statut ou d'usage du français et de l'anglais.
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